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Togo l Le temple du savoir en première ligne contre la corruption

Éduquer aujourd’hui pour immuniser la société contre la corruption demain.
L’Université de Lomé accueille la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA).

À Lomé, l’Université a accueilli ce lundi l’ouverture d’un atelier inédit : la validation de 34 projets de manuels destinés à enseigner l’intégrité aux élèves togolais, du jardin d’enfants jusqu’au technique. Une étape clé pour la qui pilote depuis deux ans un chantier hors norme : faire de l’école le premier rempart contre la corruption.

Tout est parti d’une directive de la présidence du Conseil, il y a deux ans, face à une corruption jugée « gangrène » de la société et de l’administration togolaises. Le ministère de l’Éducation a été chargé de trouver une réponse pérenne. La solution retenue n’est pas la création d’une matière à part, mais une intégration dans les disciplines existantes ( éducation civique et morale, histoire-géographie, français, philosophie, sciences, droit ), sans alourdir les programmes ni les emplois du temps des enseignants.

L’inspecteur général de l’éducation Sena Koffi Agbozoh, a détaillé la méthode : un pré-test mené dans deux établissements du pays, l’un technique et professionnel, l’autre général, a permis d’ajuster les outils avant un passage à l’échelle nationale. Cette année, l’ambition grimpe nettement : entre 800 et 2 000 établissements seront concernés sur l’ensemble du territoire, de la maternelle au secondaire technique. Le sport lui-même est mobilisé, notamment via le lancer de poids, pour inculquer aux enfants le respect des règles et le refus de la triche.

Dans son discours d’ouverture, le président de la HAPLUCIA, Kimelabalou Aba, a insisté sur la portée de cette initiative, bien au-delà d’un simple exercice technique. Pour lui, la lutte contre la corruption ne peut se limiter aux sanctions : elle doit façonner les consciences dès le plus jeune âge. Il a rappelé que l’école ne se contente pas d’apprendre à lire, mais forme des citoyens et que refuser la corruption doit être perçu comme un acte de courage plutôt que comme une faiblesse.

Les 34 manuels soumis à validation couvrent le préscolaire, le primaire, le secondaire général et technique, ainsi que l’alphabétisation. Kimelabalou Aba a exigé des outils scientifiquement fiables, juridiquement pertinents et culturellement adaptés, en citant Einstein : l’exemple ne serait pas « une autre façon d’enseigner », mais « la seule ». Il a aussi salué le soutien technique et financier de partenaires allemands dans cette réforme.

Une fois validés, les manuels seront diffusés via une chaîne de formation (formateurs régionaux, puis enseignants des établissements retenus) pour une mise en œuvre visée deux semaines après la rentrée. Un suivi sera assuré jusqu’à la rentrée suivante, avec l’objectif d’une généralisation à tout le territoire togolais.

Reste à savoir si ces manuels suffiront à faire reculer une corruption que 57 % des Togolais jugent en hausse, selon le dernier Baromètre mondial de la corruption. Le pari de la HAPLUCIA est que le changement des mentalités commence sur les bancs de l’école.

Godfrey

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