SOCIETE

Togo: Des OSC et ODDH annoncent une opération « TOGO MORT »

Face à la presse mardi 12 août 2025, ces organisations ont dit leur indignation face aux refus systématiques des libertés fondamentales, notamment celle de manifester au Togo.

Pour ces entités, le Togo s’illustre par une politique de mensonge d’Etat et de refus systématiques des libertés fondamentales.
Pourtant le droit de manifester est garanti par l’article 30 de la Constitution togolaise de 1992 et soutenu par l’article 11 de la Charte Africaine des Doits de l’Homme et des Peuples, ont-elles rappelé.

« À trois reprises en effet, le régime au pouvoir a interdit des manifestions citoyennes pacifiques et dûment déclarées, au mépris total des dispositions de la loi encadrant les manifestations publiques.
D’abord, le 1er prétexte fut la campagne électorale pour les élections municipales ; en effet, le courrier du ministre de l’administration territoriale en date du 10 juillet 2025 disait en
substance : ( Les campagnes électorales sont souvent des périodes où cohabitent euphorie,
passion et agitation que l’autorité administrative se doit de gérer en vue du maintien de l’ordre public). Ensuite, le 2e
prétexte fut un prétendu processus électoral municipal inachevé, alors que la campagne était terminée et que le scrutin avait déjà eu lieu. En effet, le courrier du 23 juillet 2025 a justifié le nouveau refus en arguant du fait que : (le processus électoral est toujours en cours, la proclamation des résultats provisoires par la CENI ayant ouvert la voie à la phase du
contentieux électoral préalablement à la proclamation ultérieure des résultats définitifs par la Cour suprême). Et enfin, plus gravement, le 3e courrier a imaginé de nouveaux prétextes particulièrement saugrenus comme : ( le trajet de la marche qui passe tout le long de la lagune de Bè, lieu même où certains corps ont été repêchés présente un risque élevé de bousculades), ou bien encore : le contexte actuel est marqué par des appels répétés à la haine… à des attaques contre les
forces de l’ordre et de sécurité… ainsi le contexte n’augure pas un climat serein pour
l’encadrement d’une manifestation ) ; ou enfin : ( afin de faire la lumière sur les récentes manifestations, une information judiciaire est ouverte… à l’effet d’élucider les circonstances desdits décès objets de votre demande »,
a relaté ces organisations devant la presse.

Pour ces organisations, le 3ème courrier franchit une ligne rouge: celle de l’interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de toute manifestation pacifique, même s’il s’agit d’une manifestation dûment déclarée conformément aux dispositions légales.

Face à cette situation, le Front Citoyen Togo Debout, la Novation internationale et toutes les autres organisations citoyennes signataires appellent à une journée de désobéissance civile le samedi 16 août 2025, à travers une opération « TOGO MORT ».

Ils s’agit, précisent-elles, d’un geste pacifique, puissant, pour exprimer notre refus de la soumission à un État qui piétine les
droits et dignités du peuple.

« Une journée de silence, de fermeture, de recueillement et de refus : refus de
la soumission, refus de l’oubli, refus du bâillon. Lorsque l’État interdit systématiquement les manifestations légales et obture l’espace civique, il pousse inévitablement le peuple à reprendre la rue par d’autres moyens. Le M66 annonce une grande manifestation nationale spontanée le samedi 30 août 2025. La société civile se sent aux côtés du peuple. Elle soutient cette démarche et appelle toutes les forces démocratiques à la convergence, à s’organiser et à se préparer. Nous manifesterons pour nos martyrs. Nous manifesterons pour notre liberté. Nous manifesterons pour notre Constitution. Nous manifesterons pour les détenus poliques. Nous manifesterons pour une bonne gouvernance. Le Togo n’est pas une prison. IIl est notre pays. Il est notre avenir »,
ont-martelé ces organisations.

La rédaction

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