Secteur bancaire au Togo/ AG des organisations syndicales : SYNASSUR et SYNBANK traitent de sujets brûlants

En Assemblée nationale samedi 16 août 2025, les membres du Syndicat des Employés et Cadres des Assurances du Togo (SYNASSUR) et du Syndicat des Employés et Cadres des Banques, des Etablissements Financiers et des Assurances du Togo (SYNBANK) ont ensemble débattu de sujets d’actualités et brûlants en lien avec leur corporation. Des décisions fortes en passe d’être prises.
Tenue au siège du SYNBANK, les sujets inscrits à l’ordre du jour de cette Assemblée Générale de ces organisations syndicales étaient notamment
l’analyse et prise de décision définitive sur les augmentations de salaire et l’utilisation de la masse salariale comme motif de licenciement économique dans leur corporation, la prise de décision définitive sur le dossier SUNU Bank Togo et le dossier de leur Camarade Délégué du personnel d’Ecobank Togo, et des divers.


Augmentations de salaire et l’utilisation de la masse salariale:
Dans leur déclaration, le SYNASSUR et le SYNBANK ont signifié leur indignation. Pour elles, Il est incompréhensible que malgré des dispositions qui encadrent la fixation des salaires, il est constaté toujours dans leurs institutions que pour le même poste et pour un travail à valeur égale, les salaires vont du simple au double et parfois au triple.
A l’inverse, certains travailleurs occupant des emplois inférieurs dans l’échelle hiérarchique des postes bénéficient des salaires supérieurs que des travailleurs occupant des emplois supérieurs, ont-elles déploré.
« Concernant les salaires, que ce soit dans la convention C095 de l’OIT ou le Code du Travail du Togo, le salaire se définit comme suit : ( par salaire, il faut entendre, quels quen soient la dénomination et le mode de calcul, le salaire de base ou minimum et tous les autres avantages, payés directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l’employeur au travailleur, en raison de l’emploi de ce dernier et fixés par les dispositions conventionnelles ou règlementaires. )
De plus, une autre disposition du Code du Travail du Togo stipule que : dans les mêmes conditions prévues au présent titre, tout employeur est tenu d’assurer pour le même travail ou un travail de valeur égale, légalité de rémunération entre les travailleurs, quels que soient leur nationalité, leur sexe, leur âge et leur statut. Les éléments composant la rémunération sont établis selon les normes identiques pour les hommes et pour les femmes. Les catégories et classifications professionnelles, ainsi que les critères de promotion professionnelle sont communs aux travailleurs des deux (02) sexes. Les méthodes d’évaluation des emplois reposent sur des considérations objectives basées essentiellement sur la nature des travaux que ces emplois comportent. Pour établir un lien entre les deux dispositions, un recours au dictionnaire de gestion a permis de comprendre que la rémunération des salariés inclut les traitements et salaires.
Ces éléments sont influencés par diverses mesures juridiques visant à éliminer les discriminations relatives à la race, à l’appartenance syndicale et à la distinction entre hommes et femmes.
Enfin, le premier alinéa dune dernière disposition du code du travail du Togo précise : ne constitue pas une discrimination au sens du présent code, les différences de traitement qui répondent à une exigence professionnelle essentielle et déterminante, à condition que l’objectif soit légitime et l’exigence proportionnée », ont-elles rappelé.

Selon ces deux organisations, pour cette catégorie de personnel, on constate non seulement une exagération dans la fixation des salaires dont la moyenne mensuelle est de dix millions (10 000 000) de francs CFA par mois au Togo et dans leur corporation alors que les salaires les plus bas tournent autour de deux cent mille (200 000) francs CFA.
« Le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas est de cinquante (50) fois alors que la norme en gestion de politique de rémunération est de vingt (20) fois. Il se pose alors un problème d’équité, de justice sociale et procédurale dans notre corporation. Pour les cadres supérieurs dont la rémunération mensuelle est supérieure à 10 millions de francs CFA, les loyers, les factures d’électricité, d’eau, de téléphone, de gaz, les frais de restauration et les frais de scolarité de leurs enfants, les frais de transport pour les congés annuels sont à la charge des entreprises », ont-elles rapporté dans leur déclaration.

Affaire SUNU Bank Togo:
C’est l’autre exposé à cette Assemblée Générale. Il a porté sur deux sujets notamment le licenciement qualifié de motif économique et les décisions ayant pour objet de soumettre les travailleurs à un traitement dégradant et porter atteinte à leur dignité.
Le SYNSSUR et le SYNBANK ont rappelé que la situation économique de SUNU BANK est totalement imputable aux dirigeants de cette institution selon le contenu du rapport de la Commission Bancaire de lUMOA restitué aux cadres de la Banque. Dans ce rapport, expliquent-elles, il est affirmé que la masse salariale n’a jamais dépassé le montant inscrit au budget et validé par le Conseil d’Administration de la banque.
« Par ailleurs, il a été révélé que le modèle économique implémenté à SUNU Bank Togo nest pas viable. Cette affirmation est confirmée par le rapport de Gestion à l’Assemblée Générale Ordinaire du 23 Janvier 2025 où il est clairement mentionné dans celui-ci que les crédits douteux et litigieux ont connu une augmentation de 230% entre 2023 et 2024. Le taux d’augmentation des créances douteuses et litigieuses de l’exercice 2025 sera largement supérieur à celui de 2024.
Le rapport provisoire de la Commission Bancaire de l’UMOA et notamment la partie concernant la masse salariale n’a pas été portée à la connaissance des représentants du personnel qui avaient contesté le motif de licenciement basé essentiellement sur la masse salariale. Cette manière non transparente conforte la position des représentants des travailleurs que la masse salariale, malgré sa gestion partisane par l’employeur, n’est pas la cause de la difficulté économique actuelle de la Banque », ont-elles martelé.

Les Syndicats disent avoir été saisis d’un nouveau cas d’harcèlement en date du 14 août 2025 à SUNU BANK.
« Pour preuve, tous les cadres compétents ont été relevés de leur poste au profit des recrutements par affinités. Ces nouvelles recrues ont accordé des crédits en violation de la déontologie bancaire et ceux-ci sont actuellement en souffrance comme évoqué ci-dessus. Le personnel subit régulièrement des menaces, intimidations et harcèlements et traitements dégradants ayant entraîné l’augmentation des cas d’hypertension et des décès. Le nombre de décès enregistré en comparaison de ceux sur la même période avant l’entrée dans le capital social du Group SUNU se présente dans le tableau ci-dessous », lit-on dans leur déclaration.
Ces organisations syndicales accusent également le Président du Conseil d’Administration du Groupe SUNU BANK de refuser unilatéralement l’octroi du prêt scolaire au personnel de SUNU Bank Togo
« Cette décision témoigne encore du caractère de traitement dégradant et cynique visant à remettre en cause la dignité des travailleurs aux yeux de leur famille contrairement aux prescriptions du règlement de SUNU Bank Togo », ont-elles déploré.

Dossier Ecobank Togo:
Le SYNASSUR et SYNBANK disent constater que les dirigeants veulent remettre en cause la réputation de cette Banque Panafricaine.
« Lors des discussions sur le dossier, nous avons sollicité une audience auprès de la Direction Générale en date du 02 Juin 2025 et celle-ci n’a jamais répondu à cette demande d’audience. Dans ce dossier, il s’agit dun client qui a saisi la Direction Générale d’Ecobank Togo sur une plainte portée contre son salarié. Dans celle-ci, le client n’a en aucun cas incriminé Ecobank Togo sur les différends qui l’opposent au Camarade », ont-elles précisé.
Tous ces sujets sont débattus à l’Assemblée Générale. D’autres sujets comme l’application de la nouvelle grille au personnel du Centre de Formation Bancaire du Togo a été également abordés. Des décisions fortes sortiront de cette assise.
NPA
