SANTE

Santé : La Fondation Pierre Fabre consacre une exposition photographique à l’albinisme en Afrique

Un vernissage a marqué mardi 16 septembre 2026 à Lomé, cette exposition placée sous le regard de la malienne Fatoumata Diabaté, artiste photographe. La Fondation Pierre Fabre poursuit par la culture et la sensibilisation, son travail engagé autour de la santé, la prévention et la lutte contre la discrimination.

En Afrique, les personnes atteintes d’albinisme sont confrontées à des défis multiples, allant de la stigmatisation sociale aux cancers de la peau. La Fondation Pierre Fabre, en collaboration avec des partenaires locaux et internationaux, œuvre pour apporter des réponses concrètes et durables à ces fléaux. Si ses actions se concentraient au départ sur les soins dermatologiques et l’accès à des protections solaires indispensables, elle intervient désormais pour proposer une réponse holistique, incluant la sensibilisation et l’information du plus grand nombre ainsi que le plaidoyer.

La Fondation Pierre Fabre a consacré un livre de photographies intitulé « Vivre avec l’albinisme en Afrique » dont le maître d’ouvrage est l’artiste photographe Fatoumata Diabaté. Il s’agit d’une immersion pour porter un plaidoyer. Un vernissage a célébré cette avancée mardi à l’Institut français de Lomé.

« la Fondation Pierre Fabre a tout un volet autour de l’albinisme à la fois sur les aspects médicaux mais aussi en soutien des personnes atteintes d’albinisme dont l’ANAT qui est l’association phare et est un partenaire très solide pour nous. Nous accompagnons ces associations dans les activités de sensibilisations et de plaidoyer. Cette exposition fait aussi partie de nos activités c’est-à-dire sensibiliser et faire comprendre à l’ensemble de la population ce que représente l’albinisme et aussi déconstruire le mythe sur la maladie qui est juste une condition génétique », a confié Béatrice GARRETTE, Directrice Générale de la Fondation Pierre Fabre.

A l’initiative donc de la Fondation Pierre Fabre, la photographe malienne Fatoumata Diabaté a parcouru le Togo, la Côte d’Ivoire et l’Ouganda à la rencontre de personnes atteintes d’albinisme, dans leur cercle intime ou sur leur lieu de travail. Les images de leur vie quotidienne révèlent autant la résilience que l’ampleur des traumatismes subis par celles et ceux dont la couleur de peau, due à l’absence de mélanine, provoque fascination ou rejet, discriminations, violences, et risques extrêmes pour leur santé faute de soins adaptés.

Il s’agit d’un voyage dont les témoignages renforcent le plaidoyer mené par la Fondation Pierre Fabre, qui déploie des programmes de prévention et prise en charge médicale et sociale des personnes atteintes d’albinisme dans neuf pays d’Afrique subsaharienne.

« Fatoumata disait toujours : je veux photographier ces personnes comme des personnes ordinaires dans la vie quotidienne. Il faut faire comprendre comment se passe la vie ordinaire de personnes qui ont cette condition génétique particulière qui est l’albinisme. L’idée est de vous faire découvrir que le savoir , la connaissance et l’information font partie aussi du soin. C’est essentiel », a précisé la Directrice Générale de la Fondation Pierre Fabre.

Les portraits et les récits que renferme la photographie déclinée en livre de Fatoumata Diabaté témoignent non seulement de la dignité et de la résilience des personnes atteintes d’albinisme, mais ils interpellent aussi sur la nécessité d’agir collectivement pour transformer leur quotidien.
Plaider pour leurs droits, promouvoir leur inclusion sociale et garantir leur accès à des soins adaptés, c’est poursuivre le combat pour la dignité humaine.

Parmi les témoignages présentés, Rebecca, jeune diplômée togolaise, est photographiée avec sa mère qui l’a aidée à surmonter de nombreuses épreuves :
« Nous ne sommes pas des enfants maudits; nous sommes plus lumineux que ceux qui nous haïssent ». Robert, paysan ougandais et père de cinq enfants dont quatre atteints d’albinisme, confie « Je savais que ces enfants avaient besoin de soins particuliers pour leurs corps et leurs yeux, mais qu’ils auraient aussi besoin d’une protection rapprochée jusqu’à un certain âge. La particularité dans l’éducation des enfants atteints d’albinisme, c’est qu’il faut les surveiller de près parce qu’ils sont recherchés pour des sacrifices rituels ». Aujourd’hui couturière reconnue dans un quartier populaire de Lomé, Adjo a connu une enfance difficile, marquée par de nombreuses railleries. « En grandissant, j’ai compris qu’il était indispensable que
j’apprenne un métier pour me prendre en charge et faciliter mon intégration sociale ».
Adama, star du stand-up à Abidjan, a choisi l’humour pour dédramatiser l’albinisme

Cette exposition qui va durer un mois à l’Institut francais de Lomé permettra de mieux faire connaître la réalité vécue par les personnes atteintes d’albinisme, les enjeux sanitaires auxquels elles sont confrontées, mais également les enjeux sociaux et humains qui les accompagnent.

Née en 1980 au Mali, Fatoumata Diabaté est une artiste photographe reconnue. Après avoir débuté au Centre de formation audiovisuel Promo-Femmes de Bamako, elle a intégré le Centre de promotion pour la photogra-phie de Bamako. Invitée à participer à de nombreux fes-tivals, elle a été exposée en France, notamment comme résidente photographique du musée du Quai Branly en 2020. Récompensée en 2023 lors des Boutographies de Montpellier, elle a reçu de nombreux autres prix dont le Prix Afrique en Création, de l’Association française d’action artistique en 2005. Inspirée par le légendaire Malik Sidibé, Fatoumata Diabaté a créé son propre stu-dio ambulant, le « Studio Photo de la Rue », qui par-court le monde. Elle préside par ailleurs l’Association des femmes photographes et artistes du Mali et est photographe-reporter pour plusieurs ONG, journaux et magazines en Afrique, notamment Oxfam, World Press Photo, DVV International, le CIP, I’OMS, l’Unicef, Helvetas, Rose Magazine, etc.

NPA

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