CULTURE & TOURISME

Assurance santé :À Lomé, les assureurs de la zone CIMA face à leurs responsabilités

Deux jours de débats francs et exigeants pour des retombées impactantes sur les concitoyens du continent. Les assureurs de la zone CIMA attaquent de front leurs réalités à Lomé.

Depuis le mercredi 4 novembre 2026, un symposium sur l’assurance santé retient les attentions à Lomé. Les assureurs d’Afrique réfléchissent sur l’un des sujets les plus délicats de l’industrie des assurances pour les prochaines décennies : l’assurance santé.

En Afrique, quand la maladie frappe une famille sans couverture, cette famille paie de sa poche. Il arrive qu’elle vende souvent ses biens, qu’elle s’endette ou qu’elle renonce aux soins.

L’assurance croît vite en Afrique. Environ 10 % de croissance moyenne par an entre 2014 et 2024. Sur plusieurs marchés, elle est la 2e branche d’assurance. Pourtant, l’assurance santé paie beaucoup d’argent.
Les causes sont connues. Sur la période 2020-2024, la branche santé de la zone CIMA a enregistré un résultat d’exploitation cumulé déficitaire de 106 milliards.
Dans la majorité des pays africains, les paiements directs des ménages représentent plus de 30 % des dépenses de santé.

À l’initiative de l’Association Professionnelle des Sociétés d’Assurance du Togo (APSAT), un symposium remarquablement construit a réuni des experts du secteur avec pour défi : bâtir un écosystème viable, inclusif et durable.

« Notre souhait à travers ce symposium est de faire de Lomé un rendez-vous de solutions et d’engagements. Une Afrique où les mécanismes de couverture sanitaire sont suffisamment solides pour résister aux crises, suffisamment inclusifs pour protéger les plus vulnérables et suffisamment durables pour garantir la protection des générations futures », a déclaré André Azibli, président de l’Association Professionnelle des Sociétés d’Assurance du Togo (APSAT).

Dans son discours d’ouverture, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, a illustré son propos par un cas concret.

« Vous avez utilisé le significatif inclusif. Cela fait penser à dame Abidé ou Koumba ou Nastou, revendeuse qui gagnerait 50 mille par mois. Peut-elle se payer une assurance santé à 20 mille par mois, soit 240 mille l’année ? Non. Pourquoi ? N’est-elle pas assurable ? Si, mais avec vos produits actuels, cela va être difficile. Il nous faut donc innover en termes de produits. L’inclusion, ce n’est pas de la charité. Mais le génie dans l’adaptation aux besoins réels des cibles qui ne sont pas toujours des cibles bureaucratiques, des cibles du monde financier », a-t-il déclaré.

Ce symposium traduit la volonté des assureurs d’Afrique de faire de l’assurance santé complémentaire un véritable métier, avec un changement complet de paradigme. Il s’agit de permettre aux assurés africains de ne plus avoir à choisir entre se soigner et se nourrir.

Le colloque devra contribuer à l’élaboration et à l’adoption d’une feuille de route 2027-2030 des marchés africains de l’assurance santé. Les experts sont motivés à quitter Lomé avec des engagements chiffrés.

NPA

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