Togo : L’opposition sonne un mot d’ordre historique pour le 20 novembre

Ce vendredi 6 novembre 2026, face à la presse nationale et internationale, le mouvement « Manifeste Génération Togo » a annoncé un avertissement sans équivoque au régime togolais, un avertissement qui influe sur l’activité des populations et qui s’apparente à un signal fort.
« Le père, Gnassingbé Eyadéma, a piétiné les Togolais pendant 38 ans. Le fils, Faure Gnassingbé, écrase les Togolais depuis 21 ans. Et les petits-fils sont en préparation dans les institutions et dans les entreprises pour prendre la suite. Nous refusons catégoriquement cette monarchisation de la République. Préparons-nous à en finir avec ce régime dynastique. Nous devons ouvrir le nouveau chapitre, avec une transition, suivie d’assises nationales inclusives
pour aboutir à la refondation de la République », a lancé le mouvement « Manifeste Génération Togo » vendredi à Lomé lors de sa rencontre avec les professionnels des médias.

Vendredi, l’opposition réunie au sein du mouvement « Manifeste Génération Togo », a invité solennellement chaque Togolaise et chaque Togolais à surseoir à toute activité le vendredi 20 novembre 2026.
La Journée patriotique d’avertissement du vendredi 20 novembre 2026 est, dès lors, officiellement annoncée.
« Laissons nos rues vides. Laissons nos marchés vides. Laissons nos bureaux vides. Laissons nos ateliers vides », a-t-elle lancé.
Aux yeux de ce mouvement, le 20 novembre 2026 est un sacrifice par lequel le peuple togolais entend exprimer son exaspération et sa détermination à mettre fin à ses souffrances.
« Le régime de Faure Gnassingbé, arrogant, violent et imbu de sa force brute, nargue les citoyens en plongeant le Togo dans une spirale de misère : misère morale, misère intellectuelle et misère dans la vie quotidienne. Chaque Togolaise et chaque Togolais subit durement cette misère, où qu’il soit, du nord au sud et de l’est à l’ouest, civil et militaire, fonctionnaires et salariés du privé, commerçants, artisans et artiste,
revendeuses du marché et transporteurs, lycéens, étudiants et apprentis, conducteurs de taxi et de taxi moto, dockers et personnes sans emploi, militants du parti au pouvoir tout comme la grande majorité voulant le changement. Personne n’est épargné, sauf bien sûr la minorité qui pille les ressources nationales pour ses seuls bénéfices.
Après 20 ans d’errance imposée aux Togolais, le silence, la résignation et même la résilience ne sont plus des options. L’heure est venue d’entrer dans une résistance pacifique, mais une résistance ferme, une résistance déterminée et une résistance générale », peut-on lire dans sa déclaration.
Le mouvement « Manifeste Génération Togo » lance ainsi un appel solennel à toutes les forces vives de la Nation, travailleuses
et travailleurs des secteurs public et privé, commerçants, revendeuses des marchés, conducteurs de taxi et de taxi-moto, transporteurs, dockers, artisans, artistes, lycéens, étudiants et apprentis,
agriculteurs, dockers et personne sans emploi, citoyens de toutes professions à suivre ce mot d’ordre pour faire comprendre
au régime qu’ils sont révoltés et exigent :
- la fin des délestages et l’accès à l’eau potable publique pour tous ;
- l’obtention des produits moins chers sur les marchés, à commencer par les produits pétroliers ;
- l’accès aux hôpitaux, écoles, infrastructures routières, centres sportifs etc. . . ;
- l’indemnisation des victimes des incendies des marchés, Lomé, Kara, Aniè, Agoè Assiyéyé,
Kpalimé, Kégué, Hedzranawoe ; - l’augmentation des revenus pour les : fonctionnaires, enseignants, médecins, transporteurs,
zemidjans, dockers, commerçants, artisans, agriculteurs, journalistes, salariés, lycéens et
étudiants etc… ; - la juste indemnisation des personnes expropriées, notamment dans les préfectures de Lomé,
Mango, Vo, Yoto, Zio etc. . . ; - les opportunités pour la jeunesse, la solidarité avec les retraités et les personnes âgées.
- la libération de tous les détenus politiques et le retour des exilés, sans délai et sans condition.
- la tolérance zéro pour la corruption et le pillage des ressources, le siphonnage et la liquidation des
sociétés et les régies financières de l’Etat (OTR, PORT AUTONOME DE LOME, LONATO, SNPT, NSCT,
CEET, TDE, CNSS, CRT, TOGO TELECOM, BTCI, BTD) etc. . . ;
• l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, la fin de la dictature par la mobilisation
générale pacifique, avec la mise en place d’une transition, et la tenue d’assises nationales pour la
refondation de la République.

« Nous nous adressons tout particulièrement aux syndicats, et surtout aux centrales syndicales. Aujourd’hui, nous le savons tous, vous êtes privés de vos droits syndicaux et le régime vous empêche de vous réunir. Nous l’avons récemment observé avec les syndicats des dockers et du secteur bancaire. Comme tous les Togolais, vous êtes victimes du même pouvoir qui ne respecte pas vos droits. Il ne respecte même pas les promesses qu’il fait lors des négociations. Le Synphot le rappelait
à juste titre il n’y a pas longtemps.
Dans ce contexte répressif, la lutte n’est donc plus ni syndicale ni sectorielle, elle est systémique. Elle concerne tous les citoyens logés à la même enseigne.
Organisations syndicales, vous représentez indéniablement une force sociale majeure, mais une force que le pouvoir neutralise par tous les moyens, même les plus cyniques. Vous subissez les mêmes pratiques malsaines que les partis politiques et les organisations de la société civile. C’est le même pouvoir, ce sont les mêmes pratiques et nous sommes les mêmes victimes. Pourquoi travailler
isolément, alors que la lutte est devenue citoyenne ? », ont fait savoir ces opposants.
Aussi le mouvement « Manifeste génération Togo » a rappelé qu’au moment même où le pouvoir organisait un colloque universitaire les 29 et 30 octobre 2026, dans le but de contourner l’arrêt de la Cour de Justine de la CEDEAO, cette dernière
marque à nouveau sa présence dans le débat, réaffirmant ainsi sa compétence dans son périmètre de prérogative.

« Elle a interpellé le gouvernement par lettre el 23 octobre 2026, exigeant de lui l’exécution
immédiate de la décision. Le régime de Faure Gnassingbé n’a aucune autre option que de s’exécuter. C’est aussi en cela que la Journée Patriotique d’Avertissement du 20 novembre 2026 prend tout son sens. Cette journée est avant tout un appel à la responsabilité et au sursaut du pouvoir, afin qu’il satisfasse aux exigences du peuple. A cet effet, nous soutenons toutes les initiatives qui visent à mettre fin à la dictature, comme celles
du 8 novembre avec le CNCC et du 11 novembre avec le PNP, ou tout autre à venir s’inscrivant dans la même dynamique », a-t-il rappelé.
En d’autres termes, « Manifeste Génération Togo » entend envoyer un signal fort au pouvoir de Lomé le 20 novembre prochain.
Selon ce mouvement, l’opposition se prépare à l’épreuve décisive de janvier 2027, période de cristallisation.
A cet effet, le mouvement appelle Togolaise et chaque Togolais à suspendre ses activités en ce jour du 20 novembre 2026.
« Le 13 janvier 2027 marque les 60 ans d’assujettissement des Togolais par la tyrannie dynastique. Notre calvaire doit prendre fin. C’est une question de survie, c’est une question d’honneur et c’est
une question de dignité !
Nous disons bien, une question de survie, une question d’honneur et une question de dignité ! Après 60 ans de confiscation du pouvoir d’Etat, le peuple togolais doit mettre fin à ce régime et reprendre sa souveraineté pleine et entière », a martelé ce mouvement
