SOCIETE

Togo/Litige foncier à Akato: La collectivité Avoussou a aligné un « tissu de mensonges », s’indigne la collectivité Massémè

Akato défraie la chronique des grands conflits polico-fonciers au Togo. Devant la presse samedi, la collectivité Massémè a donné un droit de réponse suite la sortie médiatique de son adversaire qu’est la collectivité Avoussou qui aurait laissé entendre à l’opinion une vérité tronquée par rapport au litige foncier qui oppose les deux collectivités à Akato Avoémè. Outre son riposte, Massémè a décrit la situation actuelle dans le village Akato aux journalistes et a fait part de ses actions dans le futur.

Le conflit foncier qui oppose la collectivité Massémè et la collectivité Avoussou à Akato depuis maintenant plus de 30 ans est loin de trouver son épilogue.
Il y a quelques jours, la collectivité Avoussou, après avoir remonté le temps, aurait confié aux médias que ses ancêtres sont les premiers à occuper le village Akato Avoémè et seraient donc propriétaires de plusieurs hectares. Des propos considérés comme un mensonge, selon la collectivité Massémè.

« La collectivité Avoussou n’est en aucun cas la première à venir à Akato. Ils ne sont même pas venu à Akato. Ils sont de Sagbado Yokoè. C’est notre grand père Agbodogbanou à qui appartient nos terrains à Akato qui est allé épouser l’un des leurs à Sagbado et l’a amené chez nous à Akato. Leur grand mère qui a épousé notre grand père et qui est considérée désormais comme notre grand mère avait les enfants avec elle à Sagbado. Une maladie est tombée sur ces enfants. C’est de là que notre grand père Agbodogbanou est allé chercher leur grand père Avoussou qui était petit pour l’amener chez lui à Akato. C’est notre grand père qui a remis avant son décès, des parcelles de terre à Avoussou, leur grand père pour faire l’agriculture. En réalité, si les Avoussou doivent avoir un héritage, c’est à Sagbado. Ils ne sont jamais arrivés à Akato avant nous. Ils sont de Sagbado plutôt. C’est nous qui sommes d’Akato« , a clarifié un des mandataires des Massémè.

Les deux collectivités sont en situation conflictuelle à Akato depuis des années par rapport à 93 hectares, une situation devenue très complexe aujourd’hui. Selon les Avoussou, après une première décision de la justice donnant droit aux Massémè sur 39 hectares et à la collectivité Avoussou sur 54 hectares, une autre décision de la Cour d’Appel viendra abroger la précédente et donne le droit de propriété de tous les 93 hectares aux Massémè sans la présence des Avoussou au procès avant que la décision de sursis ne vienne tout récemment arrêter les travaux sur les lieux. La collectivité Avoussou dit ne plus rien avoir à l’heure actuelle comme parcelle à Akato. Pour la collectivité Massémè, c’est une vérité tronquée qu’a servi leur adversaire à l’opinion.

« Les 93 hectares appartiennent à notre grand père Agbogbanou. La Cour Suprême a bien tranché par rapport à cela. Notre grand père leur a donné des parcelles également. Et suite à des conflits sur d’autres hectares avec d’autres collectivités, ils ont au moins 117 à 119 hectares sur lesquels ils ont le droit de propriété en ce moment. Donc leur version selon laquelle ils n’ont plus de parcelle, c’est faux« , s’est indigné un autre mandataire des Massémè.

La collectivité Avoussou a également déploré lors de sa sortie médiatique la continuité des travaux sur les terrains par leur adversaire malgré la décision de la Cour d’Appel entérinée par la Cour Suprême. Sur ce point, la collectivité Massémè a été claire.

« Après le sursis, on n’a pas été mettre des borgnes sur les terrains, c’est quand on nous a donné le droit de propriété et qu’on a eu l’ordonnance qu’on est allé faire l’état des lieux sur ces propriétés. Les Avoussou, quand ils ont eu leur jugement en première instance et qui n’était pas encore l’épilogue de ce dossier, ils étaient venus jusque dans nos maisons mettre des borgnes. On s’était tue. Maintenant que la Cour Suprême nous donne raison, ils ne veulent pas qu’on fasse au moins l’état des lieux. Ce qu’ils disent qu’on est en train de lotir les terrains pour les vendre, c’est faux. Il y a une procédure quand la Cour Suprême tranche. Vous devez faire l’état des lieux parce que les gens avaient vendus des terrains en désordre. On a un droit de propriété qu’on défend. Et puis, la Cour Suprême ne peut pas trancher une affaire et des gens iront attaquer ce jugement à la Cour d’Appel par une tierce opposition.On ne peut pas comprendre que des juges acceptent cette requête dans notre pays. On est où là?« , a regretté Massémè Kokouvi Alphonse, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement de la transition.

Dans cette affaire, une dame a été tout récemment battue par des gros bras sur son propre terrain. Une situation que la collectivité Massémè a dénoncé.

« Le 14 mai dernier, ces gros bras se sont introduis dans nos domaines et ont commencé par s’approvisionner en maniocs appartenant à une veuve dans un taxi. Cette dame a été battue pour les avoir interpellé. Une autre dame arrivée sur le lieu a été aussi violentée par ces gros bras. C’est la population qui les a sauvé. Nous dénonçons ces comportements barbares« , s’est indigné un des mandataires.

La collectivité Avoussou a interpellé le Chef de l’Etat lors de sa sortie médiatique par rapport à ce dossier.

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur Massémè, c’est une bonne interpellation.

« Si la Cour Suprême peut trancher et des individus vont interpeller le Chef de l’État pour venir s’interposer aux jugements des juges, on verra. Cela veut dire qu’on n’est plus dans un État de droit. Finalement le mot Suprême veut dire quoi? Je ne vois pas le Chef de l’État en tant que personne avisée faire ça. Sur cet aspect, je vais personnellement écrire une lettre ouverte au Chef de l’État en tant que citoyen d’abord et en tant qu’ancien responsable et on verra. Nous combattons pour notre droit parce que nous sommes dans un État de droit« , a-t-il lancé.

L’ancien ministre a une nouvelle fois lancé l’alerte sur la situation foncière à Akato qui est une bombe à retardement. Selon lui, la situation est chaotique et résume parfaitement tous les conflits fonciers qui foisonnent au Togo. L’heure à sonné pour qu’il puisse interpeller le gouvernement sur l’acuité des problèmes fonciers dans le village Akato. Aussi, des jeunes ont décidé de s’organiser pour désormais défendre leur droit. Ça ne sent pas bon à Akato, prévient l’ancien ministre.FIN

NPA

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