Football: Accusé par le Niger, la FTF riposte
A l’issue du match Aller des éliminatoires du CHAN-ALGERIE 2023 entre le Togo et le Niger dimanche, donnant la victoire au Togo par un but à zéro, la délégation Nigérienne s’est plainte de ce qu’elle qualifie de confusion née de la gestion des tests Covid-19 et du harcèlement qu’elle aurait subi à Lomé avant le match. Des accusations rapportées dans un courrier adressé
au Président de la Compétition de la CAF.
« Nous nous permettons de vous écrire pour vous rendre compte de la confusion née de la gestion des tests COVID-19 et du harcèlement subi par la délégation Nigérienne à Lomé au Togo à l’occasion du match Aller des éliminatoires du CHAN-ALGERIE 2023.
Après avoir subi un test PCR COVID, le vendredi 26 aout 2022. Les résultats publiés samedi vers 19 h 00 font ressortir huit (8) cas positif. Dès la publication de ces résultats, nous avons pu constater plusieurs anomalies qui transgressent les régies notamment:
- L’Officier COVID présent n’est pas un Médecin (nous constatons qu’apparemment, sauf
pour ce match, la CAF n’aurait pas désigné officiellement un Officier COVID). C’est une
première, depuis la survenance de la pandémie et la mise en place des procédures de gestion des compétitions en cette période - Dans la nuit du samedi, aux environs de minuit des policiers ont tenté de s’introduire dans les chambres des joueurs soit disant positifs pour les enlever. Cet événement malheureux n’est ni plus ni moins qu’une tentative d’enlèvement et de séquestration qui vise à perturber le repos et la concentration de notre équipe en cette veille de match:
- L’Officier COVID a violé la procédure en dévoilant la liste des personnes supposées positives au test, en leur absence et sans aviser le Médecin de la délégation et le Commissaire au match 4. On peut rappeler à ce niveau que tous nos joueurs sont vaccinés avec le vaccin Johnson & Johnson et que les conditions de voyage dans la sous région sont que les tests COVID ne sont plus obligatoires pour toute personne vacciné.
Cette situation, ajoutée aux atermoiements et au comportement équivoque de agents COVID 19, jettent un doute pernicieux sur la validité et la fiabilité des tests que notre délégation a subi et témoigne d’une volonté manifeste de nuire à travers des comportements antisportifs qui jurent d’avec les principes du fair-play chers à la Confédération Africaine de Football et de la FIFA« , lit-on dans la lettre de protestation.

La Fédération Nigérienne a fustigé vigoureusement la manière dont, selon elle, est prise en charge la question des tests COVID-19 et sur la volonté d’utiliser ces tests comme une arme contre les adversaires pour se donner les moyens de gagner le match avant le terrain.
Des accusations accentuées par le Sélectionneur à la conférence de presse d’après match avec des propos discourtois envers la Fédération Togolaise de Football. Ces évènements ont obligé la FTF à réagir.
Devant les professionnels des médias lundi, le Secrétaire Général de la FTF, Hervé Agbodan et le Chef d’escadron Atekpé Palakeim Christian, officier sécurité de la FTF, ont donné leur version des faits.

« Maintenant que le match est terminé, on a jugé important de réagir sur des comportements que nous jugeons peu orthodoxes. Le match a été organisé avec la désignation de la CAF. Le sélectionneur du Niger a appelé les Togolais (des individus). Un manque de respect à nous. D’abord c’était le mercredi dernier que j’ai reçu dans l’après midi vers 17H une note de la Fédération Nigerienne de Football m’informant que sa délégation arrive le jeudi à 10H55. Ce qui normalement dans les règles de la CAF n’est pas normal. Pour annoncer l’arrivée d’une équipe nationale, réglementairement c’est dans les 14 jours. Ils ont annoncé une délégation de 37 membres sans préciser ceux qui la composent. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas reçu officiellement une liste de la délégation nigérienne qui a séjourné chez nous. Aussi, ils m’ont rassuré que tout a été fait et qu’ils ont les pass vaccinaux et certificats et que tout est au norme. Malheureusement, le jeudi on était en réunion quand j’ai reçu un message me disant que sur les 37 de la délégation, il y a 18 dont les pass ne passent pas dans le système de l’aéroport ce qui les oblige de faire un test PCR. Si la délégation a perdu un peu de temps à l’aéroport, ce n’est pas la faute du comité d’organisation. C’est bien parce que eux mêmes, en quittant leur pays, ils n’ont pas pris soin de remplir les formulaires en ligne et de nous signaler au cas où ils ont des soucis. Maintenant, nous ils nous accusent d’avoir mal organisé leur arrivée, c’est dommage! Même quand ils ont annoncé très tard leur arrivée, le lendemain on a pris une équipe pour aller les accueillir à l’aéroport. Il y avait le chef chargé de protocole, la personne qui s’occupe des accueils à l’aéroport et celui qui s’occupe de la partie informatique. Donc si le Sélectionneur qualifie nos officiers d’individus, c’est regrettable mais c’est véritablement nos officiers qui étaient à l’aéroport pour les accueillir et qui leur ont permis d’avoir une dérogation pour quitter l’aéroport sans les tests pour le cas des 18 testés positifs et de faire le test PCR le lendemain. J’ai relancé plusieurs fois le Chef de la délégation pour savoir comment évolue la situation. Ils ont toujours rassuré que tout est prêt mais ils n’avaient rien préparé« , a confié Hervé Agbodan.

Pour le Chef d’Escadron Atekpé, ces 18 cas au sein de la délégation nigérienne sont des cas positifs réels. Il a rappelé que par rapport au temps perdu à l’aéroport dont se plaint les Nigériens, ce n’est pas la Fédération qui est en charge de l’immigration. C’est un service indépendant. Tous ceux qui voyagent qu’ils soient Togolais ou pas sont soumis aux mêmes règles appliquées à la délégation nigérienne avant de sortir ou d’entrée par l’aéroport du pays.
« Il y avait même pas la moitié de la délégation qui s’est enregistrée en ligne pourtant on a pris soin de le leur dire et ils ont rassuré le SG qu’ils étaient en règle. Le service indépendant n’a fait que son travail. Encore que le SG a appelé pour voir dans quelle mesure on peut leur accorder des facilitations sinon ils auraient passé plus que 3 heures à l’aéroport. Le sélectionneur a parlé de joueur qu’on aurait été cherché pour confiner nuitamment. Parce qu’ils ont refusé de payer à temps, les résultats du test sont sortir à 18H. 08 cas positifs de Covid-19 dans un hôtel, ça interpelle! On se rappelle de tout ce qu’il a fallu pour qu’aujourd’hui nous puissions revenir à une vie plus ou moins normale au Togo. Le groupe mixte de surveillance selon ses prérogatives avait l’obligation de s’assurer que ce personnel testé positif est confiné dans une partie de l’hôtel pour limiter la contagion. Une information que la délégation nigérienne avait et a rassuré qu’elle prendrait des dispositions. Rien n’ a été fait. Ils n’ont pris aucune disposition. Les cas positifs sont restés avec les autres. Ils ont même demandé une contre expertise sans isoler les gens. On a dû mettre une sécurité à l’hôtel jusqu’au lendemain. Si on avait voulu forcément appliquer nos lois, on aurait obligé ces gens à sortir pour occuper un autre palier. On n’a déplacé personne de l’hôtel comme le dit le sélectionneur. On est allé faire un constat. Et puis de vous à moi, si on doit déplacer 08 personnes positives à la Covid-19, vous pensez que c’est un Commissaire de police avec deux agents qui auraient été envoyés? On a quand même des ambulances et des médecins. C’est une contre vérité et c’est dommage !« , a-t-il déploré.
Pire le sélectionneur national local du Niger a ouvertement prévenu de rendre le coup à Cotonou . Des propos qu’on ne souhaitent pas entendre dans le football moderne.
La FTF a informé les médias qu’elle va saisir la CAF pour des propos discourtois du sélectionneur du Niger.
« Nous allons écrire à la CAF pour protester contre ce geste inamical d’un pays frère. Nous allons écrire à la CAF pour nous plaindre parce que le droit de se plaindre n’appartient pas qu’aux Nigériens. Nous apporterons les preuves pour étayer ce que nous allons dire et allons transmettre ces déclarations à la CAF« , a conclu Hervé Agbodan. FIN
NPA
