SOCIETE

Litige Foncier: faux mandataires ! L’autre cancer d’Akato

Depuis des années, des collectivités sont victimes d’acharnement des acquéreurs indélicats dans le village d’Akato, l’un des gros dossiers dans cette localité adepte des litiges fonciers au Togo. La collectivité Massémè, l’une des cibles de ces faux mandataires est montée aux créneaux pour dénoncer cette migraine dont souffre le village . Dernier fait en date de ces difficultés, le jeudi 08 septembre dernier avec la descente de force de l’ordre dans la maisonnée de cette collectivité couplet d’arrestation de jeunes.

La Collectivité Massémè et comme plusieurs autres collectivités est la cible des acquéreurs de mauvaise foi à Akato. Le cas qui l’oblige à sonner l’alerte est celui d’un certain M. Dovi qui prendrait plaisir à vendre en désordre des parcelles de terrain à Akato, après avoir dupé les vrais acquéreurs par la signature de faux papiers.

En effet, le sieur Dovi réclame de la collectivité Massémè 18 ha de parcelles en se faisant passer pour le collaborateur de sieur Abah Koba Kwami qui auparavant aurait signé un reçu de financement auprès du sieur Anani Massémè. On parle d’un financement de 1 600 000 FCFA. Aujourd’hui, le sieur Abah en question a disparu des radars. C’est le sieur Dovi qui, depuis un moment revient à la charge, estimant être le collaborateur de M.Abah, armé de faux papiers, faisant intervenir des tiers et usant de mise en scène sur le domaine de cette collectivité. Il est le plus souvent accompagné dans cette vilaine besogne par un certain Kossivi. La scène dure quelques années déjà . Selon lui, M.Abah aurait acheté 18 ha de parcelles à 5 millions de FCFA auprès du sieur Anani Massémè. Celui-ci a nié farouchement avoir bradé un patrimoine de toute une famille à ce prix. Bizarrement, aucun membre de la collectivité n’a vu jusqu’à l’heure où nous mettons ce article en ligne, le plan des 18 ha sur lequel un titre foncier a été établi.

Devant la presse vendredi, la collectivité Massémè a dénoncé le phénomène de faux mandataires qui est légion à Akato et dont elle est souvent victime suivi d’acharnements répétitifs des forces de l’ordre dans sa maison familiale.

«En réalité M. Abah Kwami a plutôt financé une procédure de litige de la collectivité Massémè pour répondre aux exigences financières à la justice. Un reçu lui a été délivré, ce qu’il a signé. Il n’a jamais eu à acquérir 18 ha de terrain chez nous. Il n’y a jamais eu de reçu d’achat entre la collectivité et lui. C’est plutôt un reçu de financement . Même les sieurs Dovi et Kossivi qui viennent à chaque fois se présenter comme les collaborateurs de M.Abah n’ont jamais acheté de terrain auprès de la collectivité Massémè. En outre, les reçus provisoires qui portent le nom de Abah Koba ne l’ont jamais désigné comme nouveau acquéreur de 18 ha de nos parcelles« , a pesté l’ancien ministre Massémè Kokouvi.

Pour cette collectivité, aucun reçu de financement ne peut permettre la délivrance d’un certificat administratif.

«En effet, pour établir un certificat administratif , il faut faire un levé topographique avec un géomètre assermenté, c’est-à-dire reconnu par l’Etat. On vous fait un reçu et ensuite vous vous rendez chez le Chef canton qui entérine ce reçu. En outre, le géomètre de la préfecture fait ses enquêtes publiques en y associant les propriétaires des terrains limitrophes, le Chef du village, les acquéreurs eux-mêmes pour se rassurer que les terrains en question ne souffrent d’aucun problème avant que la préfecture ne délivre un certificat administratif », a expliqué Kokouvi Massémè.

Rien de cette procédure n’a été respecté à Akato, déplore t-il. Aucun membre non plus de la famille Massémè directement concerné n’a été questionné ou associé à une quelconque enquête. Comment Dovi et ses acolytes se sont pris pour établir ce document ? S’interroge-t-il

Le jeudi 08 septembre dernier, le sieur Dovi aurait une nouvelle fois fait apparition sur le domaine des 18 ha avec des graders pour soit disant faire des travaux. Confronté à la résistance des jeunes, il aurait alerté les forces de l’ordre qui ont envahi la maison des Massémè suivi d’arrestation de jeunes, une situation tendue entre gendarmes et toute la maisonnée Massémè ressentie dans le village. Pratiquement, tous les jeunes auraient vidé la maison Massémè depuis ces altercations.

Il faut dire que les jeunes de la collectivité Massémè décidés à protéger leurs biens , usent de tous les moyens pour affronter les forces de l’ordre souvent déployés pour les intimider.

La collectivité Massémè interpelle les autorités du pays sur ce phénomène de faux acquéreurs devenu une culture dans le village et les descentes récurrentes et musclées des forces de l’ordre et de sécurité avec arrestations de ses enfants dans sa maisonnée à Akato.

« Toute sorte de corps vient dans la maison pour nous influencer , intimider et créer la panique. Sur les 94 ha qui nous appartiennent et dont on a été vainqueur au procès, même un demi lot ne nous appartient plus aujourd’hui. Nous devons aux gens et ce sont des terrains mais il nous reste rien pour honorer nos engagements« , a conclu avec tristesse Massémè Kokouvi.

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