SOCIETE

Prévention de la torture au Togo: Améliorer les lieux de détention

Une mission de haut niveau conduite par Dr HAMIDA Dridi, membre du Sous-comité de la prévention de la Torture s’effectue depuis le 05 décembre, au Togo, dans le but de consolider les acquis des missions précédentes, de maintenir la veille et la pression internationale pour l’effectivité de la prévention de la torture au Togo, à la genèse du Mécanisme National de Prévention (MNP) au sein de la CNDH.

Le 10 juillet 2010, le Togo a ratifié le protocole facultatif à la Convention. A la suite de cet acte important, le Sous-comité pour la prévention de la torture (SPT) a effectué une visite en 2014 au Togo. Au cours de cette mission, il a été effectué des visites dans plusieurs lieux de détention notamment les prisons et lieux de garde à vue. A l’issue de cette mission, plusieurs recommandations ont été adressées au Togo. Ces recommandations portent sur les conditions de détention, les prisons, les allégations de mauvais traitements.

Dans le cadre de ses actions de suivi de la mise en œuvre des recommandations du SPT et du CAT, le CACIT en collaboration avec l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) avec le soutien du SPT a organisé deux missions de haut niveau sous la conduite du Docteur DIAKHITE du 9 au 12 avril 2019 et en septembre 2021 au Togo, en vue d’appuyer le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) dans son plaidoyer.

« Ce plaidoyer dure déjà plusieurs années. Nous avons constaté quelques frémissements, mais nous sommes impatients de voir des actions concrètes à la prison civile de Lomé que nous avons visités encore mercredi seulement. Depuis 5 ans que je viens au Togo et je visite la prison civile de Lomé, je ne remarque pas de changement substantiel. Les gens sont privés de leur liberté, c’est vrai, mais ils sont surtout privés de leur dignité », s’est indigné Dr Isidore Ngeuleu, Conseiller aux droits de l’Homme pour la Région Afrique de l’OMCT.

Dans le cadre du projet « Unir et avancer pour la lutte contre la torture au Togo, phase 3 », les acteurs de la société civile et ceux des lieux carcéraux notamment les magistrats de haut niveau, des procureurs , des régisseurs de prison s’approprient, à Lomé, le contenu du document devant soutenir le plaidoyer au niveau national et international pour le renforcement de la prévention de la torture au Togo.

L’objectif de ces travaux est de renforcer l’accompagnement au mécanisme national de prévention et assurer un meilleur traitement et protection pour les plus vulnérables notamment les femmes et enfants.

« Il s’agit d’attirer leur attention sur plusieurs aspects. Le 1er aspect est la prévention de la torture. Ensuite, on a discuté avec eux sur la promptitude à pouvoir incarcérer les personnes accusées de quelques faits infractionnels que ce soit. Si la raison civile est surpeuplée à 400% de sa capacité réelle, c’est aussi parce que de manière systématique les gens sont arrêtés et déférés alors qu’autre chose aurait pu être envisagée. Le magistrat doit avoir une certaine appréciation de certaines réalités des choses comme du fait que les prisons dans lesquelles les gens vont, ne sont pas des endroits propres à la vie humaine », a expliqué Dr Isidore.

Cet exercice avec les acteurs du secteur judiciaire togolais, suscitera le renforcement de la mise en œuvre des recommandations du Sous-Comité pour la prévention de la Torture et du CAT en vue d’un MNP plus efficace auprès des acteurs pertinents,favoriser une plus forte implication des médias et des communautés pour la prévention de la torture au Togo et renforcer les capacités des membres de l’«Observatoire pour la prévention et la lutte contre la torture au Togo », sur les techniques efficaces pour accompagner le gouvernement pour la prévention de la torture au Togo. FIN

NPA

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