SOCIETE

Togo: Le « Mouvement en Aucun Cas » remet le couvert

Le « Mouvement en Aucun Cas » a fait son come-back ce jeudi 2 février 2023 après une période de relatif oubli. Un retour de Foly SATCHIVI et ses amis avec pour ambition de réchauffer les défis à relever pour plus de démocratie au Togo.

Lire la déclaration du « Mouvement en Aucun Cas »

Togolaises,
Togolais,
Très chers Dzitri,

Depuis les extraordinaires et inédites manifestations publiques de 2017 et 2018, le Président Faure Gnassingbé et ses lieutenants se sont donnés pour machiavélique mission de tout faire pour que plus jamais de tels événements n’aient lieu sur la terre de nos aïeux. Leur stratégie est simple : Tuer, dans l’œuf et par tous les moyens, toute bribe d’opposition et décapiter tous les mouvements de contestation existants.

C’est dans cet élan qu’en 2020, malgré les diverses obstacles et barrières dressés ça et là et du découragement qui s’était emparé de la plupart d’entre nous à la suite du prévisible éclatement de la Coalition des quatorze partis politiques, des organisations de la société civile et des partis politiques réunis, autour de l’archevêque émérite de Lomé, ont tenté une manœuvre inédite et désespérée.

Malheureusement, celle-ci s’est également soldée par un regrettable et douloureux échec. Les miraculeux espoirs suscités s’étaient alors mués en peine, tristesse et résignation.

Depuis, les libertés d’expression, d’association et de manifestations publiques, acquises de hautes luttes et dans le sang de milliers de compatriotes sont confisquées et déniées.

L’opposition s’est donc retrouvée privée de son souffle. Sur le terrain, seul le parti UNIR et quelques organisations affidés sont autorisés à se réunir. On prétend, pourtant, que le Togo est un État démocratique et respectueux des accords et conventions internationaux. Drôle de démocratie et d’État de droit alors.

Aussi, a-t-on assisté, durant ces trois dernières années, à une fulgurante progression de la pauvreté et à une aggravation de la souffrance des populations, ceci à cause des mesures antisociales prises par le Président Faure Gnassingbé tout au long de cette période et du manque d’anticipation et d’ambition du gouvernement.

Cette situation a élargi le fossé existant et divisé le pays en deux catégories de citoyens : nous avons, d’une part, les super-citoyens, à qui tout ou presque est permis et d’autre part, les citoyens de seconde zone, à qui tout ou presque est refusé. Ceux qui appartiennent à cette deuxième catégorie se reconnaîtront. C’est donc ceux-là que nous nommons « DZITRI ».

Des dzitri, parce qu’il faut vraiment être quelqu’un pour supporter ce qui se passe dans ce pays.

Durant ces trois dernières années, le silence et l’indifférence ont également été le partage des Togolais. Plus rien n’émeut personne dans ce pays. On a beau arrêté des citoyens pour leurs opinions, fermé des organes de presse, arrêté des hommes de médias, augmenté les prix des produits pétroliers et de premières nécessités, personne ne s’en offusque. Vincent Bolloré a beau plaider coupable dans une affaire hautement sensible , personne ne semble s’y intéresser ; Des mesures incongrues et illégales ont été prises par les autorités universitaires mais personne n’a bougé son petit doigt. Que KPODZRO, Agbéyome ou Atchadam soient en exil ou y meurent carrément ne dérange personne.

La charte des partis politiques a été révisée pour instaurer un élément exclusionniste mais personne ne s’y est véritablement indigné. Idem pour d’autres textes. C’est à croire que le Togolais, après tous ces échecs et déceptions, a choisi de s’adapter à l’injustice et à l’oppression.

C’est malheureusement dans un tel contexte que le Mouvement En Aucun Cas a décidé de faire son retour. Le travail qui nous attend est donc titanesque.

Il faudra, notamment reconquérir les droits et libertés arrachés, travailler à faire libérer les citoyens détenus dans le cadre de l’exercice de leurs libertés, œuvrer pour le retour des exilés politiques, garantir à tout Togolais vivant dans la diaspora le droit de rentrer sans crainte dans son pays natal, faire en sorte que chaque Togolais se sente fier de son pays, de ses institutions, de ses gouvernants, de sa justice, de son armée et de son administration et travailler à inscrire le Togo, notre cher pays, dans la liste des États démocratiques, souverains et prospère. Mais quoique délicat, nous sommes convaincus, qu’avec l’aide de Dieu, de ses anges et des ancêtres, nous y arriverons.

Il est, en outre, à noter que diverses élections sont programmées pour se dérouler cette année. Le Mouvement En Aucun Cas n’y sera pas indifférent. Nous comptons bien y jouer notre partition. Nous demandons, par conséquent, au régime actuel de se préparer pour faciliter la cohabitation qui s’annonce à l’issue de ces élections et prendre les dispositions qu’il faut pour un transfert pacifique et civilisé du pouvoir en 2025.

D’ores et déjà, nous demandons au gouvernement et à ses appendices de surseoir au projet de déguerpissement des populations qui, apprenons-nous, a déjà commencé dans certaines communes et se poursuit avec hargne et sans aucun accompagnement.

Ces déguerpissements sauvages vont, en effet, accroître davantage la souffrance du bas-peuple et rendre la population plus déprimée, plus exposée et plus encline à l’immigration.

Fait à Lomé, le 02 février 2023

Pour le Mouvement En Aucun Cas,
Foly SATCHIVI

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