Santé : « Les décès dus au paludisme restent à un niveau inacceptable dans la région africaine », Dre Matshidiso
Ce mardi 25 avril, le monde a célébré la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2023. Occasion pour Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique de dresser un bilan. Le cas de décès dus au paludisme en Afrique reste en augmentation.

Cette année, la Journée mondiale de lutte contre le Paludisme trouve un écho dans le thème: « il est temps de parvenir à zéro cas de paludisme: investir, innover et mettre en œuvre ».
Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique s’est permise de faire le bilan des répercussions dévastatrices que cette maladie entraîne tant sur la vie des populations que sur le développement économique dans la Région. Les efforts concertés donnent des résultats positifs.
- « En 2021, grâce aux mesures prises conjointement par les pays touchés et par les partenaires, la mortalité liée au paludisme a baissé par rapport à 2020, malgré les effets néfastes de la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) », a-t-elle souligné.
- Et d’apporter plus de précision.
- « Du point de vue des progrès réalisés, un engagement solide au niveau national a été manifeste malgré la pandémie de COVID-19 et cela s’est traduit par de nombreuses réussites. À preuve, environ 75 % des 171 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide prévues ont été distribuées. Le traitement préventif saisonnier du paludisme a été étendu à près de 45 millions d’enfants dans 15 pays africains, en très forte augmentation par rapport aux 33,4 millions d’enfants qui avaient été touchés par ce traitement en 2020. Dans le même temps, la prestation des services de dépistage et de traitement du paludisme a été maintenue. En outre, plus de 1,6 milliard de cas de paludisme et 11 millions de décès dus à cette maladie ont été évités dans la Région africaine de l’OMS entre 2000 et 2021.En outre, le premier vaccin antipaludique recommandé par l’OMS pour prévenir le paludisme chez les enfants (également appelé RTS,S) sauve des vies. Au Ghana, au Kenya et au Malawi, où le vaccin a été administré à près de 1,5 million d’enfants dans le cadre d’un programme pilote coordonné par l’OMS, le nombre d’hospitalisations pour paludisme grave a très nettement diminué, tout comme le nombre de décès d’enfants à cause de ce fléau. Au moins 28 pays africains ont manifesté leur intérêt pour l’introduction du vaccin antipaludique, et d’autres pays devraient commencer à vacciner leurs populations au début de 2024. La demande sans précédent pour le premier vaccin antipaludique est perçue comme une occasion de ramener les enfants dans les dispensaires afin de rattraper les vaccins et les interventions de santé ciblant les enfants qui n’ont pas été touchés par la vaccination – ce qui passe notamment par le renforcement de la nécessité pour les enfants de dormir chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Il est d’une importance critique d’administrer le vaccin antipaludique aux enfants à risque. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Gavi, l’Alliance du vaccin, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et d’autres partenaires s’emploient à accroître l’approvisionnement le plus rapidement possible dans le but de protéger les enfants plus vulnérables et de sauver davantage de vies ».
En ce qui concerne la réduction de l’incidence du paludisme, huit pays sont sur la bonne voie, rassure t-elle.

- « Dans l’ensemble, en ce qui concerne la réduction de l’incidence du paludisme, huit pays (à savoir l’Afrique du Sud, Cabo Verde, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Mauritanie, le Rwanda et le Zimbabwe) sont sur la bonne voie pour atteindre la cible fixée pour 2025 dans la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme. Mais 15 pays ont obtenu une réduction insuffisante alors que 20 pays ont connu une stagnation ou une augmentation du nombre de cas. Dix pays ont enregistré une hausse de la mortalité liée au paludisme. Le rythme des progrès doit être accéléré si nous voulons atteindre les objectifs fixés pour 2025 et pour 2030 », lit-on dans sa déclaration.
En dépit de ces efforts, malheureusement, les décès dus au paludisme restent à un niveau inacceptable dans la région africaine.
- « Tout en félicitant nos États Membres et nos partenaires de développement pour les avancées enregistrées au cours de l’année écoulée, nous sommes profondément préoccupés par le fait que les décès dus au paludisme restent à un niveau inacceptable et que le nombre de cas reste en augmentation depuis 2015. À elle seule, la Région africaine de l’OMS a enregistré 234 millions de cas de paludisme et 593 000 décès dus à cette maladie en 2021, selon les estimations, ce qui signifie que notre Région supporte la plus lourde charge de morbidité et de mortalité palustres, avec plus de 95 % des cas et 96 % des décès notifiés dans le monde. Notre Région reste donc la plus touchée par cette maladie mortelle, en partie parce que trop de personnes n’ont pas accès aux mesures de prévention et aux traitements. Près de 30 % des personnes vivant dans la plupart des pays africains n’ont pas accès aux services de santé essentiels et la majorité des populations sont confrontées à des dépenses de santé trop élevées pour être acceptables. Des inégalités importantes touchent les groupes les plus vulnérables, les jeunes enfants et les femmes, alors qu’environ 80 % des cas de paludisme et des décès dus à cette maladie touchent des enfants de moins de cinq ans », regrette Dre Matshidiso Moeti.
Pour inverser ces tendances et accélérer les progrès, cette femme engagée pour la cause humaine propose de repenser et redynamiser les stratégies en investissant, en innovant et en mettant en œuvre avec intelligence. FIN
La rédaction
