Togo: Le GMC fait sa profession de foi

Mis sur les fonts baptismaux le 03 août 2023, le Grand Mouvement Citoyen (GMC) était face à la presse ce mardi 05 septembre. Cette sortie a permis à cette entité de revenir sur son identité et de passer les éléments qui caractérisent l’Etat actuel du Togo. Le GMC lance un appel à la CEDEAO.

Le GMC a choisi d’articuler cette première conférence de presse autour de trois points.
Un premier point consacré à un rappel des objectifs du GMC. Il s’est agit essentiellement de repréciser pour tous ce qu’est ce regroupement et ce qu’il n’est pas. Un deuxième point où il a été abordé un certain nombre de sujets d’actualité nationale. Quant au troisième point, il a été consacré à l’actualité internationale et tout particulièrement à la situation au Niger et au Gabon après les coups d’Etat militaires des 26 juillet et 30 Août 2023.

Selon cette entité, depuis des décennies, la gouvernance économique, sociale et politique du Togo ne cesse de se dégrader.

  • « Cette dégradation s’est traduite au cours des dernières années par une véritable remise en cause des minces acquis démocratiques obtenus de haute lutte par le peuple togolais et au prix de lourds sacrifices. Tout est désormais mis
  • en œuvre pour permettre à la minorité qui gouverne le pays depuis plus d’un demi-siècle de se pérenniser au pouvoir pour continuer d’accaparer abusivement et impunément les ressources publiques », lit-on dans sa déclaration.

Le GMC déplore que la généralisation de la corruption, l’enrichissement illicite , le pillage des ressources nationales, la gabegie endémique soient des tares qui bloquent le développement du Togo.

Ces citoyens politiques et de la société civile réunis au sein du GMC ont rappelé les anomalies constatées au Togo au plan économique, au plan de la dette, le rapport réservé par le gouvernement au rapport d’Audit de la Cour des comptes sur le Fonds de riposte et de solidarité Covid-19 et à d’autres cas avérés de détournements de fonds publics comme l’affaire Bolloré où un pacte de corruption a été dénoncé par la justice française entre ce Groupe et les dirigeants du Togo.

Pour eux, en dehors des problèmes économiques, sociaux et des effets aggravants de la corruption systémique, le Togo continue de faire face à d’énormes difficultés en matière d’Etat de Droit et de gouvernance démocratique.

  • « Sur les 15 pays de la CEDEAO, le Togo demeure le seul à n’avoir pas connu d’alternance démocratique à la tête du pays. Cette exception togolaise n’est nullement le signe d’une stabilité politique. Elle est plutôt le résultat des stratagèmes et des contorsions utilisés par le régime RPT-UNIR pour empêcher par tous les moyens l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes au Togo et continuer ainsi de monopoliser le pouvoir d’Etat géré comme un véritable patrimoine personnel ou familial » ont t-il relevé.

L’autre inquiétude relatée dans leur déclaration, c’est le système judiciaire togolais.

  • « Le système judiciaire semble plus prompt à réprimer les voix dissidentes qu’à rendre véritablement justice. Il n’hésite pas à se substituer au régime et à lui servir d’instrument d’oppression et de répression contre les opposants politiques, les acteurs de la société civile et les journalistes. Rares sont aujourd’hui, les voix dissidentes encore audibles. Entre les diverses interdictions de fait des manifestations publiques, les entraves administratives à la tenue des réunions de citoyens même dans des lieux à Lomé et surtout à l’intérieur du pays et les censures des médias, l’espace public est de plus en plus fortement rétréci. Le rapport de CIVICUS publié en octobre 2020, qualifie l’espace civique du Togo d’obstruer », regrettent-il.

  • « C’est dans ce contexte dégradé que des élections législatives et régionales sont projetées pour la fin de l’année 2023 ou début de l’année 2024 », a lancé le GMC.

Selon ce regroupement , le refus du pouvoir d’engager des réformes de fond pour un véritable assainissement du cadre électoral est un signe annonciateur de la marche inéluctable vers un nouveau coup de force électoral qui n’est pas sans rappeler la situation de démocratie dévoyée qui est en train de ramener l’Afrique de l’Ouest à ses vieux démons.

  • « Sur ce plan également, le GMC travaille à l’élaboration d’une plateforme ad hoc destinée à sensibiliser les Togolais sur l’ampleur et la gravité des fraudes massives qui ont toujours entaché les élections au Togo ainsi que sur leurs conséquences sur le développement économique et social au pays », promet le GMC.

Le vent qui souffle dans la sous-région par le théâtre de cinq coups d’Etat militaires ne laisse pas indifférent le GMC.

  • « S’agissant tout particulièrement de la sous-région ouest-africaine et, à la lumière des arguments précédemment développés, le GMC engage donc la CEDEAO à privilégier les actions en amont pour légitimer les processus électoraux afin de prévenir les coups d’État et promouvoir la stabilité politique en Afrique de l’Ouest. Pour y parvenir, il est essentiel de renforcer les Institutions démocratiques et de garantir la primauté de l’Etat de Droit. Cela implique, la lutte sans complaisance contre le tripatouillage des Constitutions, l’instrumentalisation de la Justice et des Forces de défense et de sécurité et la corruption. Par conséquent, il est impérieux d’améliorer les processus électoraux pour des scrutins transparents, inclusifs et équitables au Togo et ailleurs », lit-on dans la déclaration.

Le GMC estime qu’il est impératif que la CEDEAO mette en place des mécanismes incitatifs pour obliger les Etats membres à promouvoir une gouvernance politique inclusive, en donnant la voix à toutes les composantes de la population, y compris les jeunes et les femmes. Ces mécanismes doivent également inciter à la promotion d’une éducation civique solide et d’une société civile active dont le rôle clé dans la consolidation de la démocratie et de la stabilité politique doit être reconnu.

Le GMC lance un appel à la CEDEAO pour qu’elle procède à des réformes courageuses et salutaires afin de relever les vrais défis démocratiques. La CEDEAO ne peut plus faire l’économie de la limitation à deux des mandats présidentiels et le Togo ne doit plus être en son sein, la seule nation qui s’oppose à cette réforme historique. Lorsque les circonstances l’exigent, les populations concernées doivent avoir droit à la parole pour s’exprimer sur des choix qui les engagent.

Pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, le GMC lance un appel aux autorités togolaises afin qu’elles adhèrent dans les faits à un vrai processus inclusif de concertation franche et sincère en vue de définir toutes les mesures consensuelles à mettre en œuvre pour sortir le pays de l’illusion démocratique et organiser des élections véritablement dignes de ce nom au Togo.

Le GMC en appelle également aux dignitaires des confessions religieuses, aux autorités coutumières, aux organisations professionnelles et à tous les leaders d’opinion afin qu’ils s’impliquent davantage dans l’indispensable travail d’éveil des consciences et de changement des mentalités pour un processus électoral transparent, libre et équitable et pour l’avènement d’un véritable Etat de Droit au Togo.

C’est à cette mission de sensibilisation que le GMC entend se consacrer prioritairement dans les jours à venir, a conclu cette entité. FIN

La rédaction

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