Togo: Le législateur résolu à responsabiliser les sociétés de médias

Une session a réuni depuis mardi 12 août 2025, les managers des médias publics et privés des régions Maritime et des Plateaux pour une remise à niveau en matière de droit de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Le législateur veut donner aux médias togolais les moyens de se transformer en agents économiques actifs à part entière.

Au Togo, le Code de la presse et de la communication du 07 janvier 2020 fait obligation aux médias de se constituer en sociétés de presse pour s’insérer dans la dynamique économique du pays et pour mieux se prendre en charge financièrement.
Ce texte stipule en son article 49 : « les sociétés de presse sont créées par des personnes physiques ou morales, publiques ou privées, obligatoirement sous forme de sociétés, conformément aux dispositions prévues par l’Acte uniforme de l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA) et régissant les sociétés commerciales et les groupements d’intérêt économique. »
En effet, les médias togolais font face à des défis majeurs à l’heure où les mutations technologiques, les changements d’habitudes de consommation, de l’information et de la concurrence des nouvelles plateformes leur imposent de repenser leur modèle économique.
Face à ce tableau, le gouvernement togolais souhaite responsabiliser les médias.
C’est ce qui motive le lancement mardi de la double sessions prévue à Atakpamè et Dapaong soit deux sessions nationales de formation des professionnels des médias du Togo sur la culture de gestion des sociétés de presse.
Atakpamè a donné le ton mardi 12 août.

Il s’agit d’une initiative du ministère de la communication et des médias avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO).
« Pour que la loi selon le Code de la presse à son article 49 soit effective, il urge de l’accompagner de renforcement des capacités notamment en matière de gestion des sociétés commerciales tel que défini par l’OHADA. La précarité, la corruption et les influences demeurent toujours au sein des médias malgré la possibilité qu’offre cette loi. L’heure est venue de corriger ces manquements en notifiant et en donnant aux journalistes et patrons de presse les fondamentaux de gestion et de bonne gouvernance d’entreprise », a confié Edwige Akoété Ayaba, Secrétaire général de la Commission nationale pour l’UNESCO.

Selon Franck Missité, Représentant du Ministre de la communication et des médias, en organisant ces deux sessions, le gouvernement togolais affiche une volonté de promouvoir le développement des médias en outillant les premiers responsables des compétences nécessaires pour rentabiliser financièrement leurs activités.
« Le gouvernement, sous la haute impulsion due Son Excellence Monsieur le Président du Conseil, Son Excellence Monsieur monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, a toujours considéré que des médias libres, responsables et économiquement viables sont un pilier fondamental essentiel de notre démocratie et un levier puissant de notre développement.
C’est pourquoi l’objectif de cet atelier a pour objectif est clair : d’outiller les professionnels de la presse, femmes et hommes à parts égales, pour qu’ils disposent des compétences indispensables à une gestion rigoureuse, efficace et rentable de leur entreprise de presse. Cette démarche inclusive traduit notre volonté de promouvoir l’égalité des chances, de valoriser les talents féminins et de garantir que la voix des femmes ait toute sa place dans la gouvernance médiatique.
En renforçant vos capacités en matière de droit des affaires OHADA, de mobilisation des ressources financières, de management inclusif des compétences et des talents, d’élaboration et de gestion de projets, de montage de dossiers fiables pour répondre aux appels d’offres, et surtout en vous connectant au secteur privé pour un échange direct, nous vous donnons les moyens de transformer vos médias en agents économiques actifs à part entière, capables de générer des revenus, d’investir dans l’innovation, d’améliorer les conditions de travail et, surtout, d’assurer la pérennité de vos activités. Cet atelier n’est donc pas seulement une rencontre technique ; il est aussi un acte fort d’engagement en faveur de la professionnalisation et de la viabilité économique des médias togolais. Car un média économiquement solide est un média libre, indépendant et capable d’assurer et remplir pleinement sa fonction sociale. on rôle de médiation », a-t-il déclaré.

En clair, pour le législateur, la presse togolaise doit désormais se penser et se vivre non seulement comme un espace de production et de diffusion de l’information, mais aussi comme une entreprise citoyenne qui crée de la valeur, qui contribue à l’emploi, et qui participe au rayonnement du Togo.
« Le gouvernement, pour sa part, continuera d’accompagner cette transformation. Nous resterons à vos côtés pour que la mise en œuvre du Code de la presse se fasse dans un esprit constructif, et pour que chaque journaliste, chaque directeur de publication, chaque responsable de média, dispose des outils, des connaissances et des ressources nécessaires pour relever les défis de l’heure », a rassuré le Directeur de Cabinet.

En rappel, l’objectif de ce projet, selon les organisateurs, est de promouvoir le développement des médias, d’outiller les professionnels des médias en les dotant de compétences nécessaires pour rentabiliser financièrement leurs activités.
NPA