Le Togo plongé dans une forte campagne contre la RAM

La grande Semaine mondiale pour le bon usage des antimicrobiens (WAAW 2025) a été officiellement lancée mercredi 20 novembre à Lomé. Le Togo sonne l’alerte sur la menace croissante de la résistance aux antimicrobiens (RAM), ce danger discret qui ne connaît pas de frontières et circule entre l’homme, l’animal et l’environnement.
Le Togo sensibilise sa population à l’importance du bon usage des antimicrobiens, un phénomène silencieux qui prolonge les hospitalisations.
Le pays s’approprie la Semaine mondiale pour le bon usage des antimicrobiens . Cette sensibilisation marque le point de départ des engagements concrets par le Togo.
Pendant une semaine, le Laboratoire de biologie moléculaire et d’immunologie (BIOLIM) en partenariat avec la Fondation Afrique Développement International (FADI) avec l’appui du ministère de la santé et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’emploie à renforcer la compréhension de la résistance aux antimicrobiens sur l’ensemble du territoire national.
Le ton de cette parade a été donné mercredi 19 novembre en présence des partenaires et des élèves en médecine et sage de Lomé. Occasion de mettre la puce à l’oreille à ces futurs acteurs de la santé au Togo.


En effet, la résistance aux antimicrobiens (RAM) est un phénomène naturel qui se produit lorsque des micro-organismes tels que les bactéries, les virus, les champignons et les parasites ne réagissent plus aux médicaments antimicrobiens auxquels ils étaient sensibles auparavant. La résistance aux antimicrobiens (RAM) est considérée comme l’une des dix principales menaces pour la santé publique auxquelles l’humanité est confrontée, ce qui en fait une priorité sanitaire mondiale.
Il faut dire que la RAM est reconnue comme l’une des principales causes de décès dans le monde, sa charge étant la plus forte dans les régions à faibles ressources. On estime que 4,95 millions de décès survenus en 2019 seraient liés à la RAM, dont 1,27 million qui et serait directement imputable (Antimicrobial resistance collaborators, 2022).
La RAM menace également la santé des animaux et des cultures pour la production alimentaire, avec des répercussions sur la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire des aliments et l’environnement.
Conscients de la menace qui plane , le BIOLIM et la Fondation FADI, engagée dans plusieurs actions de santé publique s’engagent auprès des plus hautes autorités sanitaires du Togo pour une grande sensibilisation contre ce fléau silencieux.
Pour un bon usage des antimicrobiens, le Togo prône la collaboration intersectorielle, une formule indispensable.
Il convient également de rappeler que les agents antimicrobiens jouent un rôle essentiel pour la préservation de la santé humaine, animale et végétale, ainsi que pour la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments. Cependant, la RAM fait peser une menace qui continue de se renforcer et de s’étendre, en raison d’un mauvais usage ou d’un usage excessif des antimicrobiens chez les êtres humains et dans les secteurs en rapport avec les animaux et les végétaux.
Malheureusement, de nombreux facteurs sociaux et environnementaux tendent à accélérer l’émergence et la
propagation de gènes résistants et d’agents pathogènes au sein des populations humaines et animales, ainsi que dans l’environnement.
Ces facteurs comprennent notamment un accès trop limité aux services de santé, une production et des logements inadéquats, le manque d’eau potable.

En clair, la RAM silencieusement fait des dégâts.
Cette Semaine mondiale pour le bon usage des antimicrobiens vise à sonner l’alerte et accélérer la lutte contre la RAM au Togo par une responsabilité collective.
Selon l’OMS, pour un plein succès ce combat, chaque acteur a un rôle à jouer.
Les professionnels de santé doivent prescrire les antimicrobiens de manière responsable, les agriculteurs et vétérinaires doivent limiter l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance; les décideurs doivent mettre en place des politiques et des réglementations fortes. Quant aux communautés, elles doivent être sensibilisées à l’importance du bon usage des antimicrobiens.
En avant première du lancement officiel de cette Semaine mondiale pour le bon usage antimicrobiens, l’ONG FADI et BIOLIM ont accordé la priorité aux professionnels des médias mardi à Lomé par une séance formative.
Pour ces organisations, on ne peut pas parler de sensibilisation sans mettre au cœur de cette démarche, les hommes et femmes de la plume et du micro.

Les deux entités suggèrent une communication structurée pour une meilleure lutte contre ce fléau meurtrier.
NPA
