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9è Congrès panafricain : Lomé porte la voix de l’Afrique cette semaine

Près d’un siècle après le premier Congrès panafricain, tous les regards sont tournés depuis lundi 8 décembre 2025, vers Lomé, la capitale togolaise. Le Togo abrite le 9è Congrès panafricain de l’histoire. Occasion pour Faure Gnassingbé, Président du Conseil, de rappeler qu’aucune puissance ne s’est affirmée en laissant les autres raconter son histoire. Le Président du Conseil du Togo a partagé avec ses convives cinq observations lors de son discours solennel.

Lomé se transforme pour un temps, en lieu d’encrage, de mémoire et de projection. Le 9è Congrès panafricain de l’histoire écrit une nouvelle page dans la capitale togolaise. L’Afrique parle avec elle-même.

Pour ouvrir cette parenthèse historique, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé a bien voulu partager avec l’Afrique ses appréciations.

« Ma première observation, c’est que le renouveau panafricain est une nécessité
stratégique. Car le monde change, l’ordre international se recompose. De nouveaux pôles émergent. Dans ce moment de transformation, une réalité s’impose : aucune nation africaine ne peut affronter seule l’ampleur des défis contemporains. Ni l’injustice climatique. Ni les crises sanitaires. Ni les fractures technologiques. Ni la compétition économique mondiale.
Le panafricanisme n’est donc plus seulement une idée. C’est un impératif. C’est une
stratégie de souveraineté. Il s’agit de décider pour nous-mêmes, sur la base d’une vision
collective, réaliste et ambitieuse. Le panafricanisme que nous appelons ici n’est pas celui des slogans. C’est un panafricanisme pragmatique et exigeant. Un panafricanisme qui unit nos peuples, nos
cultures, nos marchés, nos savoirs. Un panafricanisme capable d’agir dans un monde qui lui, ne nous attendra pas. Ce Congrès doit réaffirmer une vérité simple : l’Afrique ne peut plus se contenter d’être spectatrice. Divisée, elle sera vulnérable. Unie, elle sera.
Ma deuxième observation, c’est que la réforme du multilatéralisme est aujourd’hui
une exigence. C’est l’autre évidence qui surgit de l’incertitude actuelle des équilibres géopolitiques : le monde ne peut plus être gouverné sans l’Afrique. Aujourd’hui, le Sud global s’affirme. Le
système international a été conçu sans nous a été pensé dans un monde qui n’existe plus.
Nos nations étaient encore sous domination coloniale. Nos peuples n’avaient pas voix au
chapitre. Aujourd’hui, un continent de 1,4 milliard d’habitants, qui représente 28% des États membres de l’ONU, et bientôt le quart de l’humanité, n’a toujours pas de siège permanent
au Conseil de sécurité. Ce n’est pas une anomalie, c’est une aberration. Notre continent ne peut rester absent des lieux où se décide la paix, le commerce ou la finance mondiale. Depuis le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, l’Afrique porte une position claire. Et le représentant de l’Union africaine l’a rappelé : 2 sièges permanents au conseil de sécurité avec droit de véto. Cette position est juste. Elle est
légitime. Et il faut qu’Elle soit entendue.
Mais nous devons aller plus loin : il faut réformer les institutions, et réformer dans les
institutions. Les deux sont indispensables. Réformer les institutions, c’est corriger les
déséquilibres de gouvernance. Réformer dans les institutions. Réformer dans les institutions, C’est peser davantage au quotidien, dans les décisions, dans les normes, dans les financements.
Ce Congrès doit donc transformer nos principes en plan d’action africain, crédible et unifié. Cette réforme du multilatéralisme n’est pas seulement une revendication africaine. C’est une condition de stabilité pour le monde entier.
Ma troisième observation, c’est que notre principal levier d’action est la mobilisation de nos propres ressources africaines. Notre développement ne viendra pas de solutions venues d’ailleurs. Il viendra d’abord de nous-mêmes : de nos ressources naturelles, de nos jeunes talents, de nos entreprises, de nos diasporas, de nos savoirs, de nos cultures. C’est cela, la souveraineté moderne : financer nous-mêmes nos priorités, transformer nous-mêmes nos matières premières, moderniser nos systèmes alimentaires et sanitaires, et surtout investir dans notre capital humain. Mobiliser notre propre capital, c’est aussi reconnaître la valeur de nos savoirs
endogènes : nos langues, nos systèmes éducatifs, nos connaissances médicinales, nos
traditions intellectuelles. Une Afrique forte est une Afrique qui croit en ce qu’elle sait, en ce qu’elle peut et en ce qu’elle est.
Nous avons la jeunesse la plus dynamique du monde. Nous avons des terres abondantes.
Nous avons des diasporas puissantes. Nous avons la créativité, l’énergie, l’innovation. Mobiliser notre capital, c’est transformer enfin ce potentiel en puissance.
Ma quatrième observation, c’est que l’Afrique est une et indivisible.
Le panafricanisme est global. Il est dans notre continent. Il est dans la diaspora. Il est dans
notre jeunesse. La diaspora, les Afrodescendants et les jeunes sont les trois forces
motrices du renouveau africain. Faire d’eux des acteurs centraux, c’est renforcer l’unité, la
créativité et la puissance africaine.
La Diaspora et les Afrodescendants sont une source immense de savoirs, de créativité, et
surtout d’influence. Ils prolongent l’Afrique dans le monde. Ils élargissent notre horizon
collectif. Notre jeunesse est notre plus grand atout stratégique. Elle porte l’innovation, le
numérique, la culture, l’économie créative, les luttes sociales. Elle est prête, si nous
savons lui faire confiance. Ce Congrès doit réaffirmer l’unité de cette grande famille africaine : une unité historique, une unité politique, une unité culturelle et enfin une unité de destin.
Ma cinquième observation, c’est que le fondement de notre souveraineté passe aussi par la reconquête de notre narratif et de notre identité »
, a-t-il déclaré.

Du 08 au 14 décembre 2025, l’Afrique s’unit pour agir à Lomé.

L’Afrique de demain ne peut que se construit avec la jeunesse. Le 9è Congrès panafricain entame son deuxième jour avec une rencontre d’envergure entre dirigeants et la jeunesse panafricaine.
Il s’agira des échanges dynamiques.
Cette journée offrira à la nouvelle génération l’occasion de partager visions, attentes et aspirations autour du panafricanisme contemporain.

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