CULTURE & TOURISME

13 janvier 1963 : L’ANC appelle à l’ouverture du dossier de l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO

Selon ce parti, depuis le 13 janvier 1963, l’ombre du meurtre de Sylvanus OLYMPIO plane sur le Togo. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) a exprimé cette exigence solennelle ce mardi 13 janvier 2026 face à la presse nationale et internationale.

Le parti de Jean-Pierre Fabre a fait une sortie médiatique mardi à son siège.
L’ANC demande l’ouverture du dossier de l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, Père de l’indépendance du Togo.

A cette rencontre avec la presse, l’ANC s’est attelée à un devoir de mémoire sur la disparation de Sylvanus OLYMPIO.

« Le 13 janvier 1963, le Président de la République togolaise, Sylvanus OLYMPIO, est assassiné à son domicile par des individus armés. Ce crime n’a jamais été élucidé. Pire: il a été institutionnalisé récompensé, célébré ( libération nationale ) et sanctifié par le pouvoir qui en est issu. Ce meurtre constitue le péché originel de la vie politique togolaise et marque l’entrée de notre pays dans une ère de violence politique, d’impunité et de mensonge d’État.
Dès le 1er février 1963, soit 18 jours seulement après cet assassinat, les criminels ont été intégrés par le nouveau pouvoir dans l’armée togolaise naissante, avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 1963, comme l’attestent les Journaux Officiels de la République Togolaise (JORT n°207, 208 et 210 de l’année 1963). Ceux qui s’étaient rendus au domicile du Président Sylvanus OLYMPIO pour l’assassiner, faisaient partie d’un groupe de 39 militaires d’origine togolaise, děmobilisés de l’armée coloniale française, revenus d’Algérie à la fin de l’année 1962 (Voir annexe).
L’assassinat du Président Sylvanus OLYMPIO a permis l’ascension du Sergent-chef Étienne Eyadéma GNASSINGBÉ, en son temps auteur déclaré, ayant personnellement revendiqué cet acte devant la presse internationale. Etienne Eyadema GNASSINGBE a dirigé le Togo d’une main de fer, de 1967 jusqu’à sa mort le 05 février 2005, soit 38 ans durant, avec le concours d’une armée clanique entièrement vouée à sa personne. Il a mis en place un système de dictature implacable, porté par le RPT, parti au pouvoir, parti unique/parti-Etat, transformé par la suite en UNIR mais avec les mêmes méthodes abjectes de gouvernance »
, lit-on dans sa déclaration.

Ce parti a remis en cause l’image que se donne le pouvoir de Lomé par la musique du moment, le panafricanisme.

« En somme, une imposture. Une insulte à l’histoire africaine. Une insulte à la mémoire de Sylvanus OLYMPIO qui était un panafricaniste authentique, respecté et reconnu sur la scène internationale, dont l’engagement pour l’indépendance réelle de l’Afrique dérangeait profondément. Raison pour laquelle il a été éliminé.
Car le panafricanisme ne saurait être un slogan opportuniste, instrumentalisé à des fins de politique intérieure. Il est une exigence de vérité, de sincérité et de dignité. Il ne se conçoit pas sans une quête permanente de liberté, de justice et de souveraineté réelle.
Une illustration du panafricanisme opportuniste qu’affichent les autorités togolaises est donnée par le ministre des Affaires étrangères, M. Robert DUSSEY qui, après avoir quémandé et obtenu de la France, une médaille de chevalier de la Légion d’honneur, en 2012, ne s’est pas gêné de déclarer à la tribune des Nations unies, en 2023, cherchant à se ménager la sympathie de la jeunesse africaine au sein de laquelle monterait un sentiment antioccidental, que ( les Africains sont fatigués de l’Occident ). Aucune cohérence politique. Aucune conviction idéologique. Aucune considération éthique. Aucune dignité.
La nouvelle posture de champion du panafricanisme des autorités togolaises devrait logiquement les conduire à demander à la France, l’ouverture du dossier sur l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO. Pourquoi le Togo refuserait-il la vérité sur l’assassinat de son premier Président élu ? »,
a rappelé le parti.

Occasion pour cette formation politique d’ouvrir une brêche sur la CVJR.

« Au demeurant, en novembre 2012, Mgr Nicodème Barrigah, qui a présidé la CVJR, considérant l’importance du règlement de cette question dans la normalisation et l’apaisement de la situation sociopolitique togolaise, a proposé au gouvernement togolais de demander à la France, l’ouverture des archives de 1963 sur l’assassinat du Président Sylvanus OLYMPIO.
Cette démarche a-t-elle été entreprise par les autorités togolaises envers la France ? Si oui quel en est le résultat ? Sinon, cela ne pourrait traduire qu’une absence de volonté politique de faire la lumière sur cette tragédie »,
a-t-elle fait savoir.

L’ANC a rappelé lors de cette conference de presse que dans sa déclaration en date du 12 janvier 2023, elle indiquait avec gravité, qu’il était temps que, 60 ans après ce drame, les dossiers classés secret défense en France et ailleurs concernant l’assassinat de Sylvanus Olympio, soient déclassifiés pour permettre au peuple togolais de faire le deuil de son défunt président.

En conséquence, l’ANC exige solennellement en ce début d’année de 2026 que le gouvernement togolais demande officiellement aux autorités françaises la déclassification et l’ouverture complète et sans restriction des archives relatives à l’assassinat du Président Sylvanus OLYΜΡΙΟ;
que le gouvernement togolais œuvre résolument à la manifestation de la vérité historique sur les circonstances, les responsabilités et les complicités ayant entouré ce crime politique fondateur;
que le gouvernement togolais engage toutes les diligences politiques et diplomatiques voire judiciaires destinées à déverrouiller ce dossier pour enfin libérer la nation togolaise de son passé sombre et non assumé.

Pour ce parti, il est temps que les Togolais exigent du pouvoir de Lomé, la vérité sur l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *