Affaire Latékopé: Faure Gnassingbé directement interpellé

Depuis quelques jours, le creusement de tranchées et l’installation de piliers en béton et de barbelés secouent Latekopé, localité située dans la préfecture d’Agoè-Nyivé. Acquéreurs , résidents du quartier et riverains déplorent le caractère cavalier de ce projet. Dimanche 22 février 2026, dans une dynamique de défense, la presse leur a servi de passerelle pour apporter des clarifications à l’opinion avec pour ultime bouclier, le Président du Conseil Faure Gnassingbé.
A la suite de la publication du reportage de Capture Média afin d’éviter une fissure sociale à Latékopé, les réactions partent dans tous les sens.
En effet, le creusement de tranchées bordées de fils barbelés et la pose par un huissier d’avis de « cessation des travaux » dans cette zone, ont plongé les riverains dans une colère et dans une grande incertitude.


Même si selon les auteurs de ces travaux, les tranchées ont pour objectif de canaliser l’eau vers le fleuve zio, la zone étant marécageuse, les riverains redoutent une éventuelle expulsion sans solution alternative avec pour conséquence des sans abri pouvant être exposés à la précarité.
Des inquiétudes que Capture Média a eu le mérite de mettre en lumière, ce qui a ouvert le débat. Depuis, Latékopé se retrouve aspirée dans une spirale médiatique. Face à la presse, quelques riverains ont tenu à clarifier la situation.


« Un matin, on s’est levé et on a constaté la présence de machines qui creusent des tranchées sans qu’on ne soit informés. C’était en présence de gendarmes cagoulés et armés pour nous empêcher d’approcher. On s’est dans un premier temps adressé au chef du quartier qui nous a dit de ne pas nous inquiéter et qu’ils viendront à nous. Nous avons également fait des démarches vers le maire qui a envoyé une équipe technique pour venir constater les faits. L’équipe technique de la mairie est arrivée avec une cessation des travaux. Mais cela n’a pas empêché ceux cachés derrière cette initiative de continuer les travaux. Une fois les tranchées creusées, ils sont revenus avec des piliers en béton pour les implanter et ensuite ont placé des barbelés. Éprouvés par la situation, nous riverains sommes sortis pour alerter l’opinion et les premières autorités de notre pays », a expliqué un acquéreur.
En haussant le ton, femmes, adultes et enfants de Latékopé veulent s’interdire de se renfermer dans le récit d’une persécution. Pour eux, ces tranchées préfigurent de lendemains incertains, le site étant déjà plongé dans un conflit avec le concours des prédateurs fonciers.
« Tu vis avec ta petite famille dans ta maison. Un matin quelqu’un vient écrire sur ton mur, cessation de travaux, creusée de tranchées. Des agissements qui t’empêchent de sortir pour chercher de quoi mettre ta famille à l’abri du besoin. C’est difficile. C’est le genre de situation qui peut mettre quelqu’un dans le coma. Au nom de quoi ils vont venir opérer ces travaux ici ? Sont-ils au-dessus de l’Etat ?», s‘est indigné un autre riverain.
Et d’ajouter à sa narration que : « le travail du journaliste de Capture média a fait déplacer une délégation composée de deux préfets, le maire d’Adétikopé et certains officiers supérieurs pour venir constater les faits. Ce sont ces officiels qui ont demandé à ceux qui exécutent les travaux de refermer les tranchées afin de permettre aux riverains d’accéder à leur maison ».

Contrairement à ce que l’ont veut faire croire, les riverains certifient que des maisons sont construites derrière ces tranchées et certaines personnes se ravitaillent en eau au côté opposé.
« On a au moins deux forages de l’autre côté des tranchées et c’est à ce niveau que les riverains arrivent à se ravitailler en eau. Nous avons des femmes et enfants de l’autre côté qui traversent ces tranchées chaque jour », a insisté un autre acquéreur.
Les riverains interpellent directement Faure Gnassingbé, Président du Conseil, afin de faire respecter l’ordonnance de cessation de ces travaux, ce qui passe par l’enlèvement des bétons et le rétablissement de la passerelle pour un passage plus facile.
« Les autorités nous ont compris. Nous voulons que les décisions de la délégation officielle qui a fait le déplacement du site pour toucher du doigt les réalités que traversent les riverains, que leurs décisions soient respectées par ceux qui font ces travaux ici. Il s’agit de permettre à la population riveraine de pouvoir librement passer quand il s’agit de traverser ces tranchées. Il leur a été ordonné d’enlever les fils barbelés , les poteaux et créer des passerelles sur une distance donnée. Nous sollicitons l’implication personnelle du Président du Conseil pour l’équilibre social ici à Latekopé », a lancé l’un des porte-parole.
En clair, Faure Gnassingbé demeure le seul espoir pour ces femmes, enfants et adultes de Latékopé.
