Médias

Attribution de badges « MEDIA » aux Tiktokeurs et créateurs de contenus l Un désordre prémédité au Togo : Le ton ferme des Organisations de presse

Devenir journaliste ne s’improvise pas. Ce métier exige une formation spécifique et le respect d’une déontologie stricte. Malheureusement au Togo, un tableau sombre s’affiche, celui d’une profession en état de siége. Des accréditations de média distribuées à tout-va.

Le journalisme au Togo subit des pressions de toutes parts. La plus récente tient d’une veritable stratégie visant à contourner le filtre journalistique en mettant au pied d’égalité la presse classique et les créateurs de contenus , tiktokeurs inclus.
Il s’agit pour ces ennemis du 4ème pouvoir de diluer la frontière entre information verifiée et contenu de divertissement, court-circuiter le travail journalistique et au passage achever d’asphyxier les médias au Togo.
En clair, le journalisme togolais traverse une crise identitaire et structurelle sans précédent.

Des accréditations de média distribuées à tout-va

Depuis quelques mois, c’est l’attribution de badges médias, pour la couverture d’évènements officiels et publics, à des tiktokeurs et autres animateurs de contenus numériques, « envahisseurs » du métier de journaliste qui frise l’absurde et à tout d’une provocation.

Avoir une caméra avec enregistreur et des followers, suffiraient-ils pour porter le titre de journaliste?
Au Togo, pouvoirs publics et structures ont décidé de confier leur communication avec de gros budgets aux tiktokeurs et créateurs de contenus, ces « médecins » qui n’auraient pas le serment d’Hippocrate.
Mais une question se pose : sur la base de quel cadre légal ou déontologique Tiktokeurs et créateurs de contenus sont-ils tenus responsables en cas de fausses informations ?

Des Organisations de presse montent au créneau

La profession de journaliste repose sur des compétences techniques et éthiques fondamentales.
Quoi de plus normal que des organisations de presse s’indignent et veuillent et dans l’immédiat faire arrêter l’hémorragie.

Pour l’Union des Journalistes Indépendant du Togo (UJIT), le message est clair et ferme:
le journalisme n’est pas une simple activité de production de contenus, mais un métier reglémenté, qui s’appuie sur des principes fondamentaux.

« Ces principes sont le fruit d’une formation, d’un apprentissage et d’un encadrement professionnel que la seule notoriété sur les réseaux sociaux ne saurait remplacer. En confondant créateurs de contenus et journalistes professionnels, cette pratique tire le métier de journalistes vers le bas, en banalisant des années de formation, de rigueur et d’engagement professionnel », a-t-elle fait savoir.

De son côté, le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) rappelle que si les influenceurs et créateurs de contenus ont toute la légitimité dans la création de contenu, ils n’ont ni la même mission, ni le même statut que les organes de presse reconnus par la HAAC.
Cette Organisation des patrons de presse affiche son indignation face à ce tumulte et interpelle.

« Le PPT invite le Ministère de la Communication et la HAAC à prendre les dispositions nécessaires pour encadrer la délivrance des accréditations et prévenir toute usurpation de titre sur les lieux de reportage », lit-on dans son communiqué.

Une précarité entretenue

Ce n’est un secret de « secret de polichinelle » pour personne.
La presse privée au Togo survit dans une situation précaire préméditée.
La lutte pour cette survie , l’unique priorité est devenue une norme.
Entre resistance héroïque et extinction programmée, plusieurs médias sont devenus des communicants à la gloire de leurs oppresseurs afin de capter quelques misérables dividendes.

Le désordre créé dans le champ de travail des professionnels de médias n’est pas anodin. Il s’agit de mettre à la même table le journalisme et ses « envahisseurs » afin de le rendre plus fébrile.
La presse privée dénonce cette confusion des genres et agite la résilience.

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