Crise politique au Togo : Le MPDD appelle à l’ouverture d’un dialogue national
Selon le parti Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), l’installation de son Conseil national, cette exigence interne, prend une résonnance particulière dans la situation politique au Togo. Dans son discours de clôture samedi à Lomé , le Président du parti a dévoilé la symphonie de sa maison politique face l’actualité, passant par l’Arrêt de justice de la CEDEAO, le mémorandum de l’opposition et des OSC et la menace terroriste.
Le parti dirigé par Jonas Siliadin dit avoir pris acte de l’entrée du Togo dans une nouvelle architecture institutionnelle depuis la réforme de 2024.
Cette formation politique a néamoins rappelé qu’une transformation aussi profonde du régime, intervenue sans débat national suffisamment ouvert et sans consentement populaire clairement exprimé, ne pouvait dissiper les interrogations sur sa légitimité démocratique.

Arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO
Selon le MPDD, l’Arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO est venu donner à ces interrogations une portée nouvelle.
« La Cour a qualifié la réforme adoptée le 25 mars 2024 de changement anticonstitutionnel de gouvernement au regard de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Une telle décision ne peut être traitée comme un incident sans conséquence. Elle oblige les autorités, les partis politiques et l’ensemble des forces vives à regarder avec lucidité la fragilité du pacte institutionnel actuel », a-t-il rappelé.
La décision de la Cour doit être lue avec exactitude, affirme le MPDD
« Elle n’a pas, par elle-même, organisé une transition, dissous les institutions en place ou rétabli automatiquement la Constitution de 1992. Elle a posé un constat juridique grave. Il appartient désormais aux acteurs togolais d’en tirer, dans la paix et par la concertation, les conséquences politiques nécessaires », precise t-il.
Il convient de souligne que la société civile et des partis de l’opposition maintiennent la ceinture sur le pouvoir depuis la publication de cet Arrêt.
Ces entités ont rendu public un mémorandum proposant le rétablissement de l’ordre institutionnel et l’ouverture d’une transition politique. Une proposition qu’épouse le MPDD.
« La proposition d’une transition politique mérite, elle aussi, un débat sérieux. Elle ne découle pas automatiquement du dispositif de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, mais elle constitue désormais l’une des voies politiques proposées pour sortir de la crise.
Le MPDD considère que cette proposition mérite d’être examinée dans le cadre d’un dialogue national inclusif, sans préjuger de la forme, des modalités et des garanties qui pourraient être retenues. Il est disponible pour prendre part à cette discussion avec toutes les forces politiques et sociales concernées », a déclare le parti.

Siliadin et ses amis du MPDD ont tout de même précisé que
de nombreuses préoccupations exprimées dans ce mémorandum rejoignent des positions qu’ils ont déjà rendu publiques.
« la libération de tous les détenus d’opinion, l’abandon des poursuites à caractère politique, la restauration des libertés publiques, la réforme du cadre électoral et l’ouverture d’un dialogue national inclusif. Sur ces exigences essentielles, notre position est connue et demeure constante », précise le parti.
En clair, le MPDD considère que cette
proposition de l’opposition et des OSC mérite d’être examinée dans le cadre d’un dialogue national inclusif, sans préjuger de la forme, des modalités et des garanties qui pourraient être retenues. Il est disponible pour prendre part à cette discussion avec toutes les forces politiques et sociales concernées.
« Une transition ne saurait toutefois se résumer à un mot d’ordre ni devenir un nouveau motif de division. Elle ne pourrait constituer une voie de sortie que si elle reposait sur un accord national suffisamment large, un fondement juridique clair, des objectifs précis, une durée limitée, des institutions équilibrées et un calendrier conduisant à des élections libres, transparentes et crédibles.
Mal définie, elle risquerait de déplacer la crise au lieu de la résoudre. Bien conçue, elle pourrait contribuer à restaurer la confiance et à replacer la souveraineté populaire au centre de la vie publique », clarifie t-il
Le MPDD appelle à l’ouverture d’un dialogue national inclusif
Le MPDD appelle donc à l’ouverture d’un dialogue national inclusif au Togo, conduit avec méthode et assorti d’engagements vérifiables. Ce dialogue devra traiter du cadre constitutionnel, de la réforme de la CENI et du Code électoral, de la Charte des partis politiques, du financement public de la vie politique et de l’accès équitable aux médias d’État. Il devra aussi garantir que les prochaines consultations électorales permettent aux citoyens de choisir librement leurs représentants et de croire à nouveau à l’utilité de leur vote.
La vie chère au Togo
Selon ce parti, la démocratie perd son sens lorsque la vie chère épuise les familles, lorsque les jeunes ne voient plus de chemin entre leur formation et un emploi digne, lorsque les territoires demeurent inégalement servis et lorsque tant de citoyens ont le sentiment que leur voix ne change rien à leur condition.
« Le progrès politique doit rejoindre le quotidien : l’école, la santé, l’activité économique, l’agriculture, l’accès aux services essentiels et la dignité du travail », a fait savoir le MPDD.
Menaces terroristes
« Dans le nord de notre pays, la menace terroriste impose vigilance, unité et responsabilité. Nous saluons le courage de nos forces de défense et de sécurité ainsi que la résilience des populations exposées. La protection de la Nation exige des moyens adaptés, une action publique cohérente et la confiance des citoyens. Cette confiance se nourrit aussi de la justice, du respect des droits et de l’attention portée aux communautés les plus vulnérables », lit-on dans sa déclaration.
Jonas Siliadin a tenu à rappeler que l’opposition de son parti se veut républicaine.
« Elle ne cherche pas à commenter indéfiniment les événements. Elle doit produire des propositions, former des responsables, renforcer son implantation et offrir au pays une alternative crédible. Nous reconnaîtrons les avancées lorsqu’elles existent ; nous dénoncerons les atteintes aux libertés et aux principes démocratiques ; nous rechercherons, chaque fois que l’intérêt national l’exige, les convergences capables de faire progresser le Togo », a-t-il conclu
