POLITIQUE

Togo : L’opposition et la société civile annoncent une journée d’avertissement pour le 20 novembre 2026

Moment de mémoire au siège de la CDPA le dimanche 4 octobre 2026.
Hommage rendu à celles et ceux qui ont souffert, perdu leur liberté, connu l’exil ou parfois perdu la vie au cours des crises politiques au Togo.

5 octobre 1990 – 5 octobre 2026.
Devoir de mémoire de l’opposition et de la société civile dimanche à Lomé.
Ces acteurs ont reconnu publiquement le courage de ceux qui ont demandé davantage de liberté et de participation citoyenne au Togo. Hommage rendu également à tous les aînés, avocats, universitaires, responsables politiques de la CDPA, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), qui ont su donner la main et soutenu les jeunes dans un élan transgénérationnel.

Dans leur déclaration officielle, Brigitte Adjamagbo a rappelé que la mémoire exige aussi de la rigueur : comprendre les responsabilités, les erreurs, les espérances et les contradictions de tous les acteurs.

« Nos jeunes doivent connaître le Togo d’avant 1990, les aspirations qui ont conduit à l’ouverture démocratique et les difficultés rencontrées depuis. Une nation qui ignore son histoire risque d’en répéter les erreurs; une nation qui en devient prisonnière risque de ne plus avancer. C’est pourquoi nous nous souvenons fidèlement, pour mieux nous ouvrir sur l’avenir », a-t-elle lancé

Selon l’opposition et la société civile, trente-six ans plus tard, une question reste centrale : quelle place est accordée réellement à la jeunesse ?

« Une jeunesse mieux formée et plus connectée au monde, qui étudie mais peine à trouver un emploi, qui entreprend mais rencontre des obstacles et qui aspire légitimement à construire son avenir dans son pays.
Nous sommes figés dans le même système politique depuis 60 ans. Pire, le changement constitutionnel imposé en 2024 a profondément modifié l’architecture institutionnelle et les modalités d’exercice du pouvoir exécutif. Heureusement, l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO vient donner raison à la majorité des togolais qui refusent d’accepter ce coup de force constitutionnel et sont déterminés à se battre pour mettre fin à ce régime et provoquer enfin l’alternance.
Face à la situation politique, économique et sociale qui présente des similitudes avec celle du début des années 90, notre devoir d’engagement chers compatriotes consiste à faire vivre la citoyenneté, la justice, la dignité économique et sociale. Il consiste surtout à se battre pour le changement qui établira la pratique de l’alternance dans notre pays. La démocratie ne se résume pas aux élections, elle suppose: le respect des règles communes, la participation aux affaires publiques, le droit de défendre ses opinions, la liberté de pensée et l’acceptation du désaccord. La liberté politique doit aller de pair avec la possibilité de vivre dignement de son travail, de se soigner, de se former et d’assurer un avenir à ses enfants »,
ont-ils déclaré.

Le 5 octobre appartient à l’histoire du Togo mais il n’a pas été un episode isolé, ont martelé ces leaders politiques.

« Honorer tous celles et ceux qui ont œuvré pour un Togo plus libre et plus juste ne signifie pas reproduire exactement les combats d’hier, mais en comprendre l’aspiration fondamentale et la traduire dans notre époque. À la génération de 1990 revenait la responsabilité de mener les combats de son temps. À la nôtre revient celle de construire dans un élan transgénérationnel, des institutions crédibles, réduire la pauvreté et les inégalités, créer des emplois, offrir une éducation de qualité, protéger les libertés, faire vivre la justice, valoriser la compétence et le mérite, préserver la paix sans la confondre avec le silence et faire en sorte que l’adversaire politique ne soit jamais considéré comme un ennemi à neutraliser dans une prison ou au cimetière », lit-on dans leur déclaration.

L’opposition et la société civile annoncent une manifestation

« Comme nos grands-mères en janvier 1933, comme nos aînés le 5 octobre 1990 et comme tous les leaders qui nous ont précédés, nous appelons le peuple togolais le 20 novembre 2026, pour un ultime acte d’avertissement.
D’ici là, nous exigeons :
la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus politiques ;
le retour sans conditions de tous les exilés politiques ;
l’indemnisation de toutes les victimes des incendies des grands marchés de Lomé et de Kara, y compris tous ceux qui ont été injustement arrêtés et jetés en prison dans cette affaire ;
la restitution de tous les fonds volés au peuple togolais par les détournements et la corruption, comme dans les affaires de Pétrole Gate, l’évasion fiscale et tous les Flux financiers illicites, les malversations à l’Office Togolais des Recettes (OTR) ;
le retour des prix des produits pétroliers à un niveau en adéquation avec le pouvoir d’achat du peuple ;
l’engagement sans délai d’un processus d’indemnisation dans les cas des expropriations des terres des communautés et des individus sur toute l’étendue du territoire, et particulièrement dans les préfectures du Vo et du Yoto ;
le respect de la souveraineté du peuple togolais »
, a lancé Ouro-Djikpa Tchatikpi.

Ces forces vives de la nationa parlent de leur pression, la pression du peuple togolais sur l’ensemble du territoire national et au sein de la diaspora togolaise de par le monde que les instances sous régionales et africaines sauront faire appliquer strictement les conséquences de l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO du 29 janvier 2026 relatif au changement qu’elles qualifient de anticonstitutionnel du gouvernement au Togo.

NPA

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