Lutte contre la traite des personnes: Les acteurs clés apprécient le Manuel actualisé
Depuis 4 ans, les autorités togolaises ont pris un fort engagement dans le cadre du projet régional d’appui à la lutte contre la traite des personnes et la protection des personnes à risques dans les pays du Golfe de Guinée mis en œuvre par Expertise France. Après plusieurs séances de travail, c’est toute logique que vient s’inscrire ce jeudi 25 août 2022, à Lomé, une nouvelle session de validation du Manuel de procédures pour l’identification et la prise en charge des personnes à risque ou victimes de traite.
La traite des personnes est considérée comme la troisième forme de criminalité la plus répandue dans le monde, après le trafic d’armes et le trafic de stupéfiants. Selon le tableau de bord sur la protection des enfants de 2016, 2 332 enfants étaient victimes de traite avec 1724 cas de traite transfrontalière et 609 cas de traite interne. En 2007, 1 075 enfants ont été victimes dont 607 cas de traite transfrontalière et 468 cas de traite interne. En 2018, on a notifié 732 victimes dont 441 cas de traite transfrontalière et 291 cas de traite. Les formes les plus répandues sont le travail forcé et l’exploitation sexuelle. D’autres formes d’exploitation sont également souvent employées. Afin de combattre ce crime odieux, un consultant a été commis pour réaliser une mise à jour du Manuel de procédures pour la protection des enfants à risques ou victimes de traite. Un document de référence en matière de prévention, mais également de prise en charge des enfants. Ce manuel demeure une contribution majeure à la lutte contre la traite des enfants dans six pays du Golfe de Guinée.
Initié par Expertise France et financé par l’Union européenne, le but final est d’avoir un système national intégré pour le référencement des victimes à des services d’assistance effectifs et adaptés et connu des acteurs sur tout le territoire national, avec une attention particulière portée au genre.
Ce jeudi 25 août, les acteurs clés se sont réunis à Lomé pour la restitution et la validation de ce Manuel.

Il s’agit d’une part de soumettre à l’appréciation de ces acteurs , le rapport provisoire du consultant de les informer du contenu et leur permettre d’apprécier les autres annexes puis de faire des propositions de programme de formation. Il s’agira également de recueillir des informations et amendements pouvant permettre d’améliorer le contenu et la qualité du M anuel.

L’engagement du Togo dans la lutte contre la traite des personnes ne date pas d’aujourd’hui Le gouvernement, en collaboration avec les organisations internationales et nationales, a pris un certain nombre de mesures aux plans législatif, institutionnel, administratif et social, en lien avec les engagements régionaux et internationaux sur la prévention des vulnérabilités et la prise en charge des victimes. Trois grandes phases résument cet engagement.
« La première résulte de la loi N° 2005-009 du 03 août 2005 relative au trafic d’enfants qui vise de façon générale la protection de l’enfant par rapport à la traite. La deuxième phase fait référence à la loi n°2015-10 du 24 novembre 2015, en ses articles 317 à 326 qui évoque la traite des personnes y compris les enfants et prévoit des peines plus sévères. Enfin, la troisième est relative à l’adoption par le gouvernement, le 29 septembre 2021, du décret n° 2021-104 portant création, attribution, composition et fonctionnement de la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes au Togo« , a rappelé Kondoh Kondalé, président de la commission nationale de lutte contre la traite et des personnes au Togo.
En dehors de ces grandes avancées, le Togo est partie à divers accords multilatéraux et bilatéraux avec des pays voisins pour mieux faire face à ce fléau dont la dimension transnationale prend de plus en plus de proportion.
Il faut rappeler que le projet régional d’appui à la lutte contre la traite des personnes et la protection des personnes à risques dans les pays du Golfe de Guinée est axé sur 04 composantes stratégiques notamment le renforcement institutionnel, l’application des lois, la protection des victimes et la coopération régionale. Elle s’inscrit dans la 3ème composante visant à renforcer les services spécialisés et de droit commun accessibles à l’ensemble des victimes de la traite.
La validation de ce Manuel de procédures sera à n’en point douter la pierre angulaire du système national intégré pour le renforcement des victimes, car bien articulé, coordonné et connu des acteurs sur tout le territoire national, avec une attention particulière portée au genre. FIN
NPA
Pour vos reportages, interviews, insertions, dossiers ou publicités, contactez linterview.info sur le 90842663 / 97654704
