9è Congrès panafricain l Des hommes d’affaires discutent du développement intégré de l’Afrique

Un panel à l’initiative du ministère délégué auprès du ministère de l’Economie et de la Veille Stratégique chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité du Togo. Occasion pour le macroéconomiste togolais Kako Nubukpo de vanter le mérite de la « prospérité partagée ».
Depuis le 8 décembre 2025, le Togo s’honore de pouvoir héberger le 9è Congrès panafricain, une parenthèse qui ne répond pas en vérité à l’agenda des autres mais plutôt à l’agenda endogène.
Dans cet élan, ce mercredi 10 décembre, des hommes d’affaires ont tenu leur table ronde autour du thème : « Contribution des affaires et des afrodescendante au développement économique intégré de l’Afrique ».


Mis au crédit du ministère délégué auprès du ministère de l’Economie et de la Veille Stratégique chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité du Togo dans le cadre du 9è Congrès panafricain de Lomé, ce cadre de réflexion a réuni des figures marquantes de l’économie africaine dont l’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo, connu pour sa critique du franc CFA.
Dans un monde où la géopolitique crée une pluralité d’incertitudes, l’Afrique se retrouve dans un cadre de solidarité effective pour tracer le chemin de la prospérité. Dans sa prise de parole, l’économiste togolais Kako Nubukpo a insisté sur l’importance de l’intérêt général et du bien commun, sur l’importance de la bonne gouvernance et sur l’importance de la solidarité.
« Rappelez-vous de la forte hétérogénéité que nous avons lorsque nous parlons de croissance africaine. Ça me paraît important. C’est-à-dire que la croissance africaine est bonne, mais comme elle est essentiellement tirée par les matières premières, son contenu en emploi reste très faible. Ce qui fait que ce paradoxe peut être assez facilement compris. Le fait que nous soyons restés dans une inscription primaire au sein du commerce international explique cela. Et cette hétérogénéité de la croissance est aussi marquée par le fait que les six premières économies africaines, si on prend les derniers classements des institutions internationales, les six premières économies africaines font 65% du produit intérieur brut africain. Donc vous avez 48 économies africaines qui ne font que 35% du produit intérieur brut africain. Ces six premières économies, vous les connaissez comme moi. L’Afrique du Sud, vient de détrôner le Nigeria. Donc l’Afrique du Sud est la première économie africaine actuellement. La deuxième, c’est l’Egypte. La troisième, c’est l’Algérie. Le Nigeria prend la quatrième place. Le Maroc prend la cinquième place. Et le Kenya la sixième place. Et ensuite, vous avez l’Ethiopie et l’Angola. La Côte d’Ivoire arrive en neuvième position, le Ghana en dixième. Donc, ce que je veux dire, c’est que lorsqu’on parle de la croissance africaine, en fait, on parle des cours mondiaux du pétrole. Les indicateurs macro de cette nature ne rendent pas vraiment compte de tout ce qui est fait au quotidien. Ca me paraît important d’insister là-dessus. Le deuxième point sur lequel je voudrais dire un mot qui nous concerne, c’est le cadrage macroéconomique. Il y a un problème macroéconomique à l’heure actuelle. C’est que nos indicateurs ne sont pas très bons. Nous roulons sur la dette. Quand vous prenez le ratio dette sur recette totale de tout le continent africain, nous sommes à 54%. Donc, ça veut dire qu’à l’heure où je vous parle, plus de la moitié des impôts que nous payons va juste rembourser la dette. Il y a un véritable problème », a-t-il lancé.

Pour Kako Nubukpo, La question de la mobilisation des ressources est cruciale si l’Afrique veut réussir la transformation structurelle des économies africaines. Dans ces ressources, insiste t-il, s’y trouve la monnaie.
Ce panel porté par le ministère délégué auprès du ministère de l’Economie et de la Veille Stratégique chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité du Togo a permis de réfléchir sur une meilleure mobilisation des ressources financières des États africains. Les panelistes ont donné leur avis sur ce sujet brûlant du développement intégré du continent. Quant à Kako Nubukpo, il a insisté sur l’accompagnement du volet monétaire des États africains et du secteur privé pour une prospérité partagée.

En abritant le 9è Congrès panafricain, les autorités togolaises ont traduit leur volonté de rappeler que le développement est d’abord un processus endogène.
NPA
