CULTURE & TOURISME

Contrôle de l’action gouvernementale au Togo : Brigitte Adjamagbo raconte aux médias, sa déconvenue dans le septentrion

Bien que rassurée par les autorités quant aux dispositions prises sur le terrain pour un plein succès de satournée à Dapaong, Kara et Sokodé, la Députée de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) a été expulsée de la région des Savanes et escortée jusqu’à à une autre localité loin de sa cible. Face à la presse nationale et internationale mercredi 25 mars 2026, Brigitte Adjamagbo a raconté sa fâcheuse histoire.

Quand Brigitte Adjamagbo, Députée de la DMP en tournée parlementaire devient persona non grata sur son territoire.

Le 20 mars 2026, la députée DMP et sa délégation, en mission parlementaire de contrôle de l’action gouvernementale et de reddition de comptes aux populations, ont été expulsées de la région des Savanes. Le recit rapporté aux hommes et femmes des médias.

« La délégation est arrivée à Dapaong le 19 mars 2026 au soir, suite au courrier envoyé le 4 mars 2026 a ministre de l’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, l’informant de s tournée dans la région des Savanes, notamment à Dapaong, Kara et Sokodé du 20 au 24 mars 2026, et demandant de bien vouloir instruire les autorités administratives et sécuritaires locales compétentes, en vu de la prise de toutes les dispositions nécessaires visant à assurer la sécurisation et le bon déroulement de rencontres citoyennes. D’autres courriers ont également été envoyés aux Ministres concernés par les visites de sites devant fair l’objet de visites dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. Il s’agit notamment des Ministres de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat;
délégué auprès du ministre de l’Aménagement du territoire chargé des travaux publics et des infrastructures, délégué auprès du ministre de l’Aménagement du territoire chargé de l’eau et de l’assainissement: délégué auprès du ministre de l’Économie, chargé du commerce et du contrôle qualité. Un suivi régulier, tant en présentiel que par téléphone, du courrier adressé au Ministre charge de Administration territoriale, entamé une semaine avant le début de la mission, n’a pas permis de s’assurer que celui ci avait pris, comme à l’accoutumée dans le cadre des autres activités de contrôle de l’action gouvernementale, les dispositions nécessaires pour sécuriser les activités prévues. Un dernier suivi, effectué le 19 mars, y compris auprès du ministre lui-même, à qui un message Whatsapp a do être adressé alors que la délégation était déjà en route pour Dapaong, est resté infructueux.
Ce n’est que dans cet après-midi du 19 mars 2026, après notre message Whatsapp, qu’un collaborateur du ministre chargé de l’Administration territoriale a contacté la députée au téléphone pour la rassurer quant aux dispositions prises sur le terrain. Il en a profite pour lui souhaiter bon voyage »,
lit-on dans sa déclaration.

Dans ses explications, l’équipe de Brigitte Adjamagbo a informé que sa délégation est arrivée à Dapaong le 19 mars 2026 à 18H35.

« Le lendemain, une délégation composée de Kafui ADJAMAGBO JOHNSON, députée, Germain SOSSOU, membre de la Conférence des présidents de la DMP et Damédjoin Fidèle KOMBATE, conseiller municipal DMP Tône 1, répond à l’heure convenue à l’invitation du préfet, OURO GOUROUNGOU Ourominal. Celui-ci est entouré pour la circonstance de la maire de Tône 1, LENE Nanwab; du commissaire central de police de Dapaong accompagné d’un collaborateur; du commandant régional de la gendarmerie et enfin de deux officiers des FAT.
Après les civilités d’usage, le préfet de Tône déclare ne pas avoir reçu d’instructions de sa hiérarchie concernant le programme de visite des sites dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. Il ajoute que, compte tenu de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes, toute activité du type de celle envisagée est soumise à une autorisation préalable du ministre de la Défense nationale. Il conclut en affirmant que, faute de cette autorisation, la députée et sa délégation seraient reconduites, sans délai et sous escorte, hors de la région »
, a-t-elle détaillé avant d’ajouter que:

« Prenant la parole, la députée a rappellé avec fermeté qu’en vertu de son mandat, un élu de la Nation n’a pas à solliciter l’autorisation du gouvernement dont il est précisément chargé de contrôler l’action. Elle souligne que les correspondances adressées aux ministres compétents visaient uniquement à les informer, afin de faciliter le bon déroulement de la mission. Elle dénonce ainsi une entrave grave à l’exercice de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale et de reddition de comptes aux populations »

Il est à noter qu’avant l’arrivée de la délégation, un dispositif impressionnant de trois corps des forces de défense et de sécurité (gendarmes, policiers et militaires, dont certains cagoulés), était déployé à la préfecture, laissant peu de doute quant à l’issue de cette rencontre.

Selon Brigitte Adjamagbo, malgré les explications fournies et le travail préparatoire considérable mené sur le terrain, notamment par le conseiller municipal Fidèle KOMBATE et son équipe, le préfet est resté inflexible.

« Dans une attitude jugée désinvolte et empreinte de mépris à l’égard de l’institution parlementaire, il a ordonné l’expulsion immédiate de la députée et de sa délégation hors de la région des Savanes », a-t-elle déploré.

En clair, la délégation de la députée n’a eu aucun répit une fois à Dapaong face à une exécution immédiate de la mesure d’expulsion.

« Il lui a été refusé jusqu’à la possibilité de se restaurer ou de se préparer avant le départ. Sous haute surveillance, la députée et son équipe ont d’abord été escortées chez les sœurs hospitalières Yendoubé où elles ont logé, par un important dispositif de forces de sécurité: gendarmes, policiers et unités d’élite, dont plusieurs éléments cagoulés. Un hélicoptère a survolé la zone de l’hôpital des sœurs hospitalières Yendoubé pendant que la députée et les membres de la délégation ont été autorisés à monter un à un dans leurs chambres respectives, pour faire leur valise les uns après les autres », a dénoncé Brigitte Adjamagbo.

Le convoi encadré par deux jeeps, l’une en tête, l’autre en queue, transportant chacune six agents des forces de l’ordre, a accompagné la délégation jusqu’à Naboulgou, où l’escorte a pris fin.
La délégation s’est alors repliée sur Atakpamé le 20 mars 2026 à 18 h 21, dans l’attente de la poursuite de la mission à Kara.

Il convient de rappeler que les activités de contrôle de l’action gouvernementale et de reddition des comptes à Kara étaient prévues respectivement les 23 et 24 mars 2026. Selon la Députée, toutes les dispositions qui furent prises pour Dapaong l’étaient aussi pour Kara le ministère en charge de l’Administration territoriale informé de la reddition des comptes, les ministères techniques, y compris leurs démembrements locaux, informés.

« Au regard de ce qui s’est passé à Dapaong, les questions sécuritaires sur le terrain étaient désormais primordiales. Pour ce faire, et au vu de ce qui venait de se passer dans la région des Savanes, avoir le retour du préfet de la Kozah était indispensable pour que la députée et sa délégation puissent se mettre en route.
Le conseiller régional Kara de la DMP, TOYOU Meyohewa Joseph, instruit par la députée, a d’abord pris contact avec le préfet de la Kozah, colonel BONFOH, pour s’assurer desdites dispositions sécuritaires Celui-ci est revenu à la députée, lui faisant savoir, de la part de monsieur le préfet, qu’il n’avait reçu aucune instruction de sa hiérarchie tendant à la sécurisation de la députée et de sa délégation lors de leurs différents déplacements sur les sites à visiter.
La députée va donc prendre sur elle de rentrer en contact avec monsieur le préfet de la Kozah par appels renouvelés pour régler le détail capital de la sécurisation des activités. De tous les appels téléphoniques émis par la députée en direction du préfet, celui-ci n’a répondu à aucun et n’a non plus daigné rappeler
A cette situation inquiétante se sont ajoutés des coups de fil anonymes et numéros masqués demandant a la députée et à sa délégation de ne mettre pied dans la Kara sous aucun prétexte dans le cadre de leurs activités parlementaires programmées à cet effet »,
ont confié Adjamagbo et son équipe.

Face à cette mésaventure , la Députée de la DMP tire des leçons.

« En définitive, le régime autocratique en place, réfractaire à la gouvernance démocratique à laquelle aspirent l’immense majorité des Togolais, aura réussi à faire obstruction et à empêcher la réalisation de la tournée de contrôle de l’action gouvernementale et de reddition de comptes d’un élu du peuple, en violation des dispositions d’une Constitution qu’il a adoptée lui-même et qu’il tente d’imposer au peuple.
Les graves incidents à l’occasion de la tournée de l’élue, surviennent à quelques jours de la Conférence des présidents des Assemblées et des sections de la région Afrique de la Francophonie. Ils viennent démontrer à l’opinion nationale et à la communauté internationale que le régime en place n’est pas du tout crédible lorsqu’il prétend instaurer un régime parlementaire, que le régime a en réalité mis en place des députés sans aucun pouvoir, mais qui sont au contraire à ses ordres. Ce qui ne saurait jamais, au grand jamais, être le cas pour l’élue de la DMP.
Seul compte pour le régime monarchique le maintien au pouvoir de Monsieur Faure Gnassingbé, qui n’entend accepter aucun rôle de contre-pouvoir du Parlement. Voilà pourquoi on s’est assuré de proclamer, au lendemain des élections législatives du 29 avril 2024, une composition d’Assemblée réservant 108 sièges à UNIR et 5 sièges à l’opposition.
Comment peut-on imaginer un instant qu’un gouvernement puisse conditionner la réalisation des activités de contrôle de l’action gouvernementale d’une élue à l’autorisation d’un membre du gouvernement en le prévalant de l’état d’urgence sécuritaire ?
Comment peut-on déployer tout cet arsenal sécuritaire, composé de détachements de la police, de la gendarmerie et de l’armée, appuyés par une défense aérienne, pour expulser d’une portion du territoire national une élue du peuple, détentrice d’un mandat national, en tournée parlementaire? »
, s’est-elle indigné.

En dépit des difficultés sur le terrain, Brigitte Adjamagbo a pu visiter des sites et chantiers. Elle a livré à la presse, ce qu’elle en savait déjà à priori.

Nous y reviendrons

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