Togo l Média: « Trop souvent, nous avons vu des confrères incapables de se soigner …», Germain Pouli

Au Togo, trop longtemp, les journalistes , notamment de la presse privée, ont été en marge des dispositifs de protection sociale.
Partenariat en construction entre les entreprises de presse et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), socle d’une vulgarisation efficace et durable de l’Assurance maladie universelle (AMU) et de l’AMU-TNS. Kara donne le ton de cette avancée majeure pour la profession des journalistes au Togo.
Les médias jouent un rôle fondamental et stratégique dans la vulgarisation et la sensibilisation, agissant comme un pont essentiel entre des informations complexes et le grand public. Ils permettent de transformer des connaissances techniques en messages accessibles, favorisant ainsi l’éducation, le changement de comportement et la cohésion sociale. Vendredi 17 avril 2026, à Kara, les acteurs de la plume et du micro sont à l’école de l’AMU. Cet évènement national consacré à l’accès aux soins de santé est porté par les Organisations de presse du Togo en partenariat avec la CNSS, organisme chargé de gérer le régime de sécurité sociale des travailleurs du secteur privé et du secteur informel et l’INAM.

« Il y a quelques semaines un confrère journaliste est sorti, à moto, un soir en fin de journée, pour aller à la pharmacie tout prêt de chez lui, chercher un médicament, un calmant pour son fils qui ne se sentait pas bien. Sur le chemin du retour, il a un accident. Des blessures et graves douleurs au pied qui se révèlent une fracture qu’il faut vite opérer pour éviter qu’il ne porte des séquelles au pied toute sa vie. A l’hôpital, la facture qui tombe est très salée. Les résultats de la radiographie disent que notre confrère, que plusieurs ici connaissent bien, doit subir une délicate l’opération d’urgence. Comme une blague il faut mobiliser près de deux millions pour cette opération. Vous imaginez! Combien gagne-t-il en tant que journaliste ? Avait-il mis de l’argent de côté pour se soigner ? Non
Dieu seul sait, comment il a pu se faire opérer
C’était très difficile.
Dans notre corporation, plusieurs fois des appels pour mobiliser des fonds pour soigner des confrères, sont légion.
Comme toutes ces personnes en grande difficulté, vraiment très peu de personne parmi nous, ont l’habitude de mettre l’argent de côté, pour se soigner au cas où », a rapporté avec regret Germain Pouli, Présient du Conapp.

En clair une collaboration étroite entre les médias et les organismes de gestion de santé au Togo est une urgence.
« En effet, il est temps que les prochains bénéficiaires de l’AMU soient ceux qui portent son nom au-devant de la scène. Oui chers journalistes vous devez jouir des bienfaits de l’assurance maladie universelle. C’est le vœu le plus ardent du Président de la Haute Autorité de Régulation de la Communication Ecrite, Audiovisuelle et Numérique de voir tous les enfants de la « famille communication » bénéficier des multiples avantages qu’offre l’assurance maladie universelle. Que cette journée de retrouvailles soit le point de départ d’un engagement fort à intégrer la liste des bénéficiaires de l’AMU et à soutenir l’INAM et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, chevilles ouvrières de ce vaste projet qui doit à terme couvrir toutes les couches sociales, surtout vulnérables de notre pays. Le rôle stratégique des médias dans le développement de toute nation n’est plus à démontrer. C’est pourquoi le partenariat entre les organisations de la presse et les institutions de protection sociale doit être entretenu et renforcé », a insisté Franck Missité, Directeur de Cabinet du ministère de la communication, representant Madame le Ministre.

Pour une meilleure compréhension et couverture de sujets aussi stratégiques, il est crucial de renforcer les capacités des journalistes afin de garantir une information fiable, éthique et professionnelle face à la désinformation et l’amélioration de la vérification des faits et la couverture d’enjeux complexes.
Cette centaine de journalistes en formation à Kara et venus de la septentrion et des autres régions, veulent mieux mobiliser sur l’extension de l’Assurance maladie universelle (AMU) aux travailleurs non salariés (TNS). Plusieurs modules sont programmés pour cet exercice.

Les journalistes, en se formant sur la sécurité sociale, s’engagent ainsi à ne pas être que des bénéficiaires mais aussi des ambassadeurs actifs de cette réforme.

« Notre voix, portée dans les cinq régions du pays, sera un instrument puissant pour encourager l’adhésion massive des populations et assurer le succès de l’Assurance Maladie Universelle », a précisé Germain Pouli.
Une seconde cohorte de journalistes sera formée dans cette veine dans les prochaines jours à Lomé.
NPA
