Grand meeting à Lomé l La mayonnaise est réussie

Le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) évoque l’état de la nation et dénonce un régime parlementaire qui répond sans complexe à l’agenda d’un seul individu.
Il s’agit d’une parenthèse qui sonne comme une renaissance. Des figures de proue de la société civile et de l’opposition réunies au sein du CNCC étaient en meeting sur le terrain d’Akassimè ce samedi 9 mai 2026. Objectifs affichés, évoquer l’état de la nation, faire le diagnostic avec les citoyens et présenter les perspectives.
OSC et partis politiques aspirent au changement au Togo.



« Nous voulons un changement de gouvernance parce que le Togo est une dictature. C’est un système de corruption endémique, ce sont des services sociaux de base en déliquescence, c’est un pays qui va mal et qui n’avance pas», a regretté David Ekoué Dosseh du Front Togo debout (FCTD).

David Dosseh a dénoncé un nombre de maux qui fragilisent le Togo notamment un « système de corruption endémique », la dégradation des services sociaux de base ainsi que la persistance d’une gouvernance contraire aux aspirations démocratiques du peuple togolais.
« Selon les chiffres de l’organisation Global Financial Integrity, près de 800 milliards de francs CFA quitte chaque année le Togo à travers des flux financiers illicites », s’est-il indigné.
Le meeting du CNCC a été marqué par une mobilisation citoyenne inédite. Pour une fois, après une faible mobilisation constatée autour des rares manifestations autorisées de l’opposition ces dernières années, les Togolais ont investi le terrain d’Akassimè autour du CNCC samedi. Pour une relance de la mobilisation, la mayonnaise est réussie.



Faudrait rappeler que depuis quelques années, au Togo, les manifestations publiques sont soumises à de strictes restrictions.
Le meeting du CNCC a plutôt démontré une convergence des citoyens et relance la machine d’un rapport de force contre le pouvoir de Lomé.
« Lorsque nous demandons à organiser une manifestation pacifique, ce n’est pas une requête. Ce n’est pas une faveur que le pouvoir nous fait. C’est une liberté fondamentale.
Dans la Constitution de la 4ème Republique qui a été votée à près de 98% par les togolais, il est dit clairement que les citoyens ont le droit lorsqu’ils estiment que c’est necessaire, de se retrouver sur une place publique de façon pacifique pour évoquer l’état de la nation. Ce n’est donc pas un cadeau », a insisté le Coordonnateur du FCTD.
Lors de ce meeting, Jean-Pierre Fabre de l’ANC et Maitre Dodji Apévon des FDR ont remué les derniers évènements qui ont animé la vie politique au Togo et la gouvernance du pouvoir de Faure Gnassingbe. Quant à David Dosseh, c’était l’occasion d’expliquer aux populations le déterminant du CNCC et ses ambitions pour un changement au Togo.


Le CNCC maintient la ceinture contre la Ve République.
Pour cette entité, ce renversement constitutionnel orchestré ne participe en rien au développement politique du Togo. Le régime parlementaire permettrait plutôt de conserver ad vitam aeternam le pouvoir, soutient-elles.
« Cette réforme constitutionnelle favorise une monarchisation du pouvoir, une disparition de l’esprit de la République et surtout fait le lit à une dynastie qui ne veut que se perpétuer.
Il faut mettre fin à cela », a lancé David Dosseh.

En clair, le rejet de la Ve République continue d’être porté par une frange importante de l’opposition et de la société civile au Togo.
Le meeting du CNCC a été marqué par non seulement des prises de paroles mais aussi par des chants, des banderoles et une ambiance colorée.
La rédaction
