ECONOMIE

Pesanteurs préoccupantes au Port Autonome de Lomé :La CCDATO tire sur la sonnette d’alarme

L’étau se resserre autour des Commissionnaires en Douanes Agréés au Togo. La Convergence des Commissionnaires en Douanes Agréés du Togo (CCDATO) alerte sur les charges qui pèsent sur les acteurs du secteur portuaire togolais qu’ils sont. En conférence de presse, elle a encouragé le nouveau Directeur Général du Port Autonome de Lomé, Kokou Edem Tengue, à donner un nouvel élan aux réformes dans leur secteur.

Les Commissionnaires en Douanes Agréés sont victimes des revers de la digitalisation.
Trop souvent frappés par la franchise qui réglemente leur métier, les Commissionnaires en Douanes Agréés n’en peuvent plus.
Mardi 04 août 2026, face à la presse, la Convergence des Commissionnaires en Douanes Agréés du Togo (CCDATO) a sonné l’alerte par rapport aux contraintes qui ralentissent les activités au Port Autonome de Lomé.

Lourdeur et complexité administrative au passage des marchandises, les surestaries, lourdeur au passage des marchandises à la PIA, la perte de clients due aux pesanteurs comme les retards, les coûts et procédures. Ce sont entre autres, les grandes inquiétudes énumérées aux médias à cette rencontre d’information ce mardi.
Selon la CCDATO, il leur appartient de tirer la sonnette d’alarme.

Les surestaries au Port de Lomé, un phénomène qui tue

La surestarie est un gros souci pour les opérateurs économiques au Port Autonome de Lomé selon la CCDATO. Les coûts explosent. Plus tu traines, plus la facture grimpe.

« Nous avons beaucoup de cas en ce moment. Cela fragilise notre travail. Des fois, les importateurs veulent abandonner leurs marchandises parce qu’ils arrivent que les surestaries dépassent le coût d’achat des marchandises.
Nous voulons attirer l’attention de l’autorité pour que la situation trouve une solution le plus rapidement possible »,
a lancé Francisco Assiongbo KPODAR, Président de la Convergence des Commissionnaires en douane agréés du Togo.

Consignataires et Manutentionnaires, les bêtes noirs

Les Commissionnaires en douane agréés déplorent être souvent coincés entre ces deux entités et subissent à la fin la pression des clients et payent des pénalités.
Les retards dans l’envoi de l’avis d’arrivée et dans la validation de la position du conteneur sont devenus comme normaux.
Conséquence, des pénalités tombent sur l’importateur et sur les Commissionnaires en douane agréés.

« Dans notre métier, les commissionnaires en douane agréés sont des intermédiaires. A ce titre, nous intervenons avec pratiquement tous les acteurs de la chaîne logistique. Ce sont nous qui allons vers tous les acteurs. Les consignataires nous posent assez de problèmes. Ce sont ces sociétés qui nous délivres les documents pour faire les opérations douanières. Ces sociétés nous font vivre des galères pas possible. La situation s’aggrave sur le terrain. Nous voulons passer par vous les journalistes pour attirer l’attention des autorités de notre pays », a lancé M. Kpodar.

Selon son Organisation, tout s’apparente à une conspiration contre les Commissionnaires en douane agréés au Togo.
L’expérience de Seguce-Togo, cette société de droit togolais, en charge de l’exploitation du Guichet Unique pour le Commerce Extérieur au Togo a été citée en exemple.

« Tel qu’on nous avait vendu cette société, aujourd’hui nous restons sur notre soif même si la société joue son rôle. Le problème, ce sont les acteurs qui sont là.
La plupart n’est pas directement dans le guichet unique.
Ce qui veut dire que vous êtes obligés d’aller vers eux demander leur facture pour aller payer avant de les intégrer au guichet unique. Notre principal problème vient de là. Pratiquement toutes nos opérations sont digitalisées. Et si de votre bureau vous faites une demande de facture à une entité qui met 48 heures avant de vous donner la franchise qui vous prend 10 jours. A partir du 11ème jour, vous commencez par payer les surestaries.
Vous prenez la facture pour aller payer à la banque. Vous demandez ensuite un bon à délivrer qui peut vous prendre encore 48 heures. Finalement, vous vous rendez compte que la moitié de la franchise est passée »
, a déploré le Président de la CCDATO.

Port sec (PIA), l’autre inquiétude

« Tout ce qui est en transit passe par le Port sec. Nous saluons les initiatives du nouveau Directeur pour faciliter le passage des marchandises au Port sec. C’est aussi l’une des principales plaintes de nos clients de l’hinterland. Les surestaries fragilisent les opérations à ce niveau aussi. Vous finissez une opération, vous vous retrouvez en deficit », a regretté Assiongbon Kpodar.

Perte de clients

Les clients fuient le Port Autonome de Lomé moins à cause des Commissionnaires en douane agrées rien à cause du cumul délai portuaire, charges financières et procédures multiples.

« La perte de nos clients est devenue un quotidien. Nous perdons nos clients parce que la situation s’aggrave. La pression est là. Nous sommes obligés de payer nous mêmes certaines charges pour éviter de subir la pression du client face à la lourdeur et la complexité administrative parce que nous vivons les revers de la digitalisation », s’est indigné une des membres de la CCDATO.

La CCDATO a rappelé que la concurrence régionale s’intensifie autour du Port de Lomé ces dernières années. La guerre des ports porte surtout sur le hub de transbordement et l’accès aux pays du Sahel est réel. Le Togo ne doit pas dormir sur ses lauriers.
La non performance du Port impacte directement les commissionnaires en douane agréés.

Face aux problèmes du Port qui sont un vrai frein, la Convention des commissionnaires en Douanes Agrées du Togo appelle à une autorité portuaire forte.

« Nous voulons saluer les efforts de nos dirigeants. Des efforts se font dans le domaine de la logistique.
Nous voulons encourager le nouveau Directeur Général du Port à poursuivre ses réformes.
Il faudrait mettre en place des normes. Cela nous permettra de voir dans le guichet unique ce qui se passe et situer les responsabilités. Cela nous permettra de voir lorsqu’on fait une demande de facture, de bon, qu’on puisse savoir en combien de temps cela peut être délivrer. Les responsabilités seront ensuite situées, l’acteur défaillant pourra être pénalisé
», a proposé M. Kpodar.

Il convient de souligner que la plupart des pays de l’AES transite par le Port de Lomé.
Ces operations ont engendré un flux supplémentaire qui impose au Port de Lomé de travailler pour fluidifier le passage des marchandises.

NPA

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