Éducation Nationale au Togo l La LCT marque son désaccord avec le ministre Mama Omourou
La Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) n’approuve pas une récente décision de l’autorité qui selon elle, témoigne d’un
manque d’inclusivité.
DECLARATION N 007/08 DE LA LIGUE DES CONSOMMATEURS DU TOGO
Relative aux récentes décisions dans le système éducatif togolais
La Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) a fait l’amer constat de la suppression
pure et simple des congés de détente à la lecture du chronogramme de l’année
scolaire en cours publié par le ministre de l’Éducation Nationale. Cette décision, qui
vient rayer d’un trait de plume une mesure pourtant judicieusement instaurée, suscite
une vive inquiétude au sein de notre organisation et de toute la communauté
éducative. La LCT s’insurge formellement contre ce choix unilatéral qui témoigne d’un
manque d’inclusivité. Preuve en est que la corporation des enseignants, à travers ses syndicats représentatifs, s’insurge déjà ouvertement contre cette mesure prise dans le mépris total du dialogue social. En écartant délibérément de la réflexion les acteurs de terrain et les représentants des usagers du service public de l’éducation, le ministère prend une responsabilité lourde et crée une tension inutile dans nos écoles.
Cette suppression constitue une agression directe et inexplicable contre les réformes salutaires engagées ces dernières années pour moderniser l’école togolaise. Les
congés de détente n’étaient pas un luxe, mais une pause pédagogique stratégique
appuyée sur la chronobiologie de l’enfant. Leur valeur ajoutée est indéniable. Ils préviennent le surmenage des élèves, réduisent l’épuisement du corps professoral,
permettent une meilleure assimilation des cours et offrent un répit salutaire aux
familles. On ne peut prétendre rechercher la qualité de l’enseignement en imposant
un rythme effréné qui nuit à la santé physique et mentale des enfants comme des enseignants.
Par ailleurs, la LCT dénonce avec la même vigueur l’annonce hâtive du ministre portant suppression de la légalisation des diplômes du Bac au profit de l’obligation
d’obtenir un duplicata facturé désormais à 1 000 FCFA, au lieu des 500 FCFA
actuellement en vigueur pour une légalisation. Notre organisation estime que cette mesure a été prise de manière prématurée. Le ministre aurait dû attendre que les
systèmes de production de duplicatas soient pleinement opérationnels, modernisés
et décentralisés avant de faire une telle déclaration. La LCT garde en mémoire les souffrances, les files d’attente interminables et les lourdeurs administratives que les consommateurs endurent au quotidien avant de pouvoir obtenir un simple duplicata
du certificat de nationalité. Imposer une telle tarification et une telle démarche sans préparation technique ni décentralisation préalable revient à faire subir un véritable calvaire logistique et financier aux usagers et aux familles déjà éprouvés.
Pourtant, si le ministre souhaite réellement engager des réformes audacieuses et
structurantes pour notre système éducatif, le chantier prioritaire ne situe certainement
pas dans la suppression du repos des élèves ou l’alourdissement des frais administratifs,
mais bien dans la suppression de l’examen du BAC 1 (Probatoire). Ce diplôme intermédiaire demeure aujourd’hui une curiosité anachronique et une anomalie
unique dans l’espace UEMOA, voire dans toute la CEDEAO, où l’évaluation du
secondaire a été modernisée et harmonisée. Plutôt que d’agresser des acquis pédagogiques bénéfiques et d’imposer de nouvelles charges financières aux parents, le ministère ferait mieux de concentrer ses efforts sur l’élimination de ce doublon d’examen inutilement budgétivore et générateur de stress pour les familles et les apprenants.
Face à cette série de décisions défavorables aux usagers, la LCT réclame le
rétablissement immédiat des congés de détente dans le calendrier scolaire, la
suspension de la mesure sur les duplicatas de diplômes jusqu’à la décentralisation
effective des services, et l’ouverture urgente d’une concertation inclusive réunissant le gouvernement, les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves et la
société civile.
